Philosophie : qu’est-ce que l’art ? (France Culture)

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Le CORBUSIER, La cité radieuse, Marseille. JOURNAL 1

 

 

Le Corbusier, La cité radieuse, Marseille JOURNAL 1

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Journal des visites

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Marcel PROUST, Du côté de chez Swann, Sur sa pierre maussade

Sur sa pierre maussade

(…) depuis le déjeuner mes regards anxieux ne quittaient plus le ciel incertain et nuageux. Il restait sombre. Devant la fenêtre, le balcon était gris. Tout d’un coup, sur sa pierre maussade je ne voyais pas une couleur moins terne, mais je sentais comme un effort vers une couleur moins terne, la pulsation d’un rayon hésitant qui voudrait libérer sa lumière. Un instant après, le balcon était pâle et réfléchissant comme une eau matinale, et mille reflets de la ferronnerie de son treillage étaient venus s’y poser. Un souffle de vent les dispersait, la pierre s’était de nouveau assombrie, mais, comme apprivoisés, ils revenaient, elle recommençait imperceptiblement à blanchir et par un de ces crescendos continus comme ceux qui, en musique, à la fin d’une Ouverture, mènent une seule note jusqu’au fortissimo suprême en la faisant passer rapidement par tous les degrés intermédiaires, je la voyais atteindre à cet or inaltérable et fixe des beaux jours, sur lequel l’ombre découpée de l’appui ouvragé de la balustrade se détachait en noir comme une végétation capricieuse, avec une ténuité dans la délinéation des moindres détails qui semblait trahir une conscience appliquée, une satisfaction d’artiste, et avec un tel relief, un tel velours dans le repos de ses masses sombres et heureuses qu’en vérité ces reflets larges et feuillus qui reposaient sur ce lac de soleil semblaient savoir qu’ils étaient des gages de calme et de bonheur.

Marcel PROUST, Du côté de chez Swann, P 389, édition Gallimard, collection Folio, 1988

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Henri Matisse, dessiner un arbre que je vois

 

Ne vous y trompez pas : je ne veux pas dire que, voyant l’arbre par ma fenêtre, je travaille pour le copier. L’arbre, c’est aussi tout un ensemble d’effets qu’il fait sur moi. Il n’est pas question de dessiner un arbre que je vois.
(Matisse à Aragon)

 

 

 

 

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la Terrasse de Duras

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Long Glass Extra long

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Le sexe, un détail en peinture ?

Si le nu est présent dans toute l’histoire de l’art, la représentation du sexe en lui-même, tantôt érotisé tantôt dissimulé par souci de pudeur, a constamment fait l’objet de débats.

"L'Amour victorieux" du peintre italien Le Caravage, 1601-1602, exposé aux Écuries du Quirinal pendant l'exposition "Caravage", février 2010, Rome.
« L’Amour victorieux » du peintre italien Le Caravage, 1601-1602, exposé aux Écuries du Quirinal pendant l’exposition « Caravage », février 2010, Rome.• Crédits : Getty

C’est la découverte du croquis d’un sexe masculin sur le col d’un des protagonistes de la scène dépeinte, dans le tableau de Caravage intitulé Les Tricheurs, qui rappelle à quel point la représentation du nu dans l’art a toujours été l’objet de fascination et de censure,  plus ou moins contournée. Cela nous amène également à nous demander quelle est la place du détail en peinture et sur ce qu’il ajoute à l’impression globale qu’engendre l’œuvre sur le spectateur. Selon Jérémie Koering, le détail a pour fonction, chez Caravage, d’affirmer « l’évidence du visible dans sa double part référentielle et construite ». Un gant troué, les coins cornés des cartes de jeu, une dentelle travaillée, les motifs du tapis, tout concourt à donner consistance à la représentation. Est-ce des symboles qui suggèrent des réalités cachées ou des signes qui dénotent la puissance de la peinture, partagée entre opacité et transparence ? Est-ce, dans le cas des tableaux religieux, le moyen de donner une interprétation naturaliste de l’histoire sainte, de traduire le vrai ? Et qu’en est-il de la représentation du sexe, cet objet licencieux qui n’a jamais cessé d’être montré en même temps que caché ? Qu’est-ce que cela révèle des normes de décence et de leurs perpétuelles transgressions dans l’histoire de l’art ?

  • Les invités : Philippe Comar, écrivain, professeur à l’Ecole nationale des Beaux-Arts, commissaire d’expositions dont « Masculin masculin : l’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours » et auteur de l’essai L’homme nu publié en 2013, co-auteur avec Nicolas Guilbert de Voir et regarder l’art publié aux éditions Herscher en 2021 et Jérémie Koering, professeur d’histoire de l’art moderne à l’université de Fribourg, auteur de Les iconophages : une histoire de l’ingestion des images paru aux éditions Actes Sud en 2021 et de Caravage, juste un détail, publié en 2019 aux Editions de l’INHA.
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au centre

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Une histoire de la ponctuation : au commencement était le “. »

Une histoire de la ponctuation : au commencement était le “.”
France culture

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Jacques Lacan, céder sur son désir

« Je propose que la seule chose dont on puisse être coupable, au moins dans la perspective analytique, c’est d’avoir cédé sur son désir.
(…)
Faire les choses au nom du bien, et plus encore au nom du bien de l’autre, voilà qui est bien loin de nous mettre à l’abri non seulement de la culpabilité mais de toutes sortes de catastrophes intérieures. En particulier, cela ne nous met certainement pas à l’abri de la névrose et de ses conséquences. Si l’analyse a un sens, le désir n’est rien d’autre que ce qui supporte le thème inconscient, l’articulation propre de ce qui nous fait nous enraciner dans une destinée particulière, laquelle exige avec insistance que la dette soit payée, et il revient, il retourne, et nous ramène toujours dans un certain sillage, dans le sillage de ce qui est proprement notre affaire. »

                                                         Jacques Lacan

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bordée

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Hervé GUIBERT, La photo de famille

 

« On dit que la raison d’être de la photo de famille est de conserver des souvenirs, mais elle créé des images qui se substituent au souvenir, qui le recouvrent, et qui sont une espèce d’histoire digne, aplanie et interchangeable qu’on fait circuler d’une famille à l’autre, dans l’espoir vague de laisser cette trace à des descendants. Non pas une histoire littéraire, mais une histoire superficielle. »

Hervé GUIBERT, l’Image fantôme, page 38, Ed de Minuit, 1981

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Gustave FLAUBERT(1821-1880), une apparition

« Il me monte de la merde dans la bouche. J’en veux faire une pâte dont je barbouillerai le XIXème siècle », écrit Flaubert à son ami Louis Bouilhet en 1855, un an avant la publication de « Madame Bovary », sans même en imaginer les effets : Procès, succès, et grandes mondanités.

Alors quoi, il en aurait profité, lui qui avait en tête un plan (littérairement) terroriste ?

Il en aurait profité, oui, aurait flirté avec la princesse Mathilde, cousine du très raillé Napoléon III, aurait dansé aux Tuileries et accepté sa Légion d’honneur, lui qui fanfaronnait quelques temps auparavant, fier de son aphorisme : « Le grade dégrade« . Il s’arrangeait, en fait, en quête tardive d’une reconnaissance littéraire, lui qui fut si blessé de connaître le succès par ses deux premières oeuvres, puis plus rien. Et c’est autour de ce « rien », de ce vide qui grandit, de ces passions inactives et grises qu’il continuât à écrire, L’Éducation Sentimentale (parution en novembre 1869) notamment, toujours plus incompris.

Il est né ici. Il a vécu dans cet univers hospitalier, une grande partie de sa vie, c’est-à-dire toute sa jeunesse jusqu’à l’âge de 25 ans. Il a joué dans ce jardin avec sa sœur Caroline et il raconte notamment que, quand il grimpait le long du mur que vous voyez là, et bien qu’il voyait son père en train de pratiquer des dissections d’anatomie. Cela donne un peu une idée de l’univers médical et hospitalier auquel Flaubert a été confronté. Arlette Dubois, conservatrice au musée Flaubert de Rouen

Mais des 4 000 lettres qui composent sa correspondance, il émane aussi d’autres mystères : un jeune homme métamorphosé par l’année 46 (Tout tombe autour de moi), une sexualité colorée (Départ de Rouen noyée de foutre, de larmes, de cheveux et de champagne)..(Manière féroce dont elle se déshabillait, jetant tout à bas)… (amour si violent qu’il tourne au sadisme – plaisir du supplice), et des airs de Cassandre (Nous allons entrer dans une ère stupide. On sera utilitaire, militaire, américain et catholique).

Intervenants

Un documentaire de Sophie Bober réalisé par Lionel Quantin. Archives INA, Sandra Escamez. Avec la collaboration d’Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France. Nouvelle page web, Sylvia Favre.

Bibliographie

J’ai grandi au milieu de toutes les misères humaines dont un mur me séparait. Tout enfant, j’ai joué dans un amphithéâtre. Voilà pourquoi, peut-être, j’ai les allures à la fois funèbres et cyniques. Je n’aime point la vie. Gustave Flaubert dans une lettre qu’il écrit en 1857, l’année de la publication de Madame Bovary

Pour aller plus loin

Rediffusion du 29.11.2007. Cette émission, consacrée à la vie de l’écrivain Gustave Flaubert, a été enregistrée à l’occasion de la parution du dernier tome de ses correspondances dans la collection La Pléiade aux éditions Gallimard.

À l’occasion de Flaubert 21, qui marque le bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert, France Culture propose une programmation spéciale pour découvrir ou redécouvrir son œuvre mais aussi aborder l’héritage laissé par cet immense écrivain.

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la balustrade dans un roman de..

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Hermann BRAUN-VEGA Maîtrise couleurs et lumières avec ses ciseaux (MATISSE)

Hermann BRAUN-VEGA Maîtrise couleurs et lumières avec ses ciseaux (MATISSE), 2013.

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derrière

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Tragédies ! (France culture)

 

Tragédies !

Plongeons en chœur au cœur du tragique à travers quatre destins : – Pourquoi Médée a-t-elle tué ses enfants ? avec Pierre Judet de La Combe – Prométhée enchaîné, premier prisonnier politique ? avec Olivier Py – L’éternel retour d’Antigone, avec Heinz Wismann – Oedipe, une histoire complexe ? avec Florence Dupont

 

TOUS LES ÉPISODES
LE 26/04/2021 Médée est-elle la femme tragique par excellence ? D’elle, on sait surtout une chose : dans la pièce d’Euripide, elle tue ses deux enfants. Mais qui est-elle…
LE 27/04/2021  Comment la pièce d’Eschyle, dans laquelle Prométhée est enchaîné à son rocher, le foie dévoré par un aigle, raconte-t-elle l’histoire de notre humanité…
LE 28/04/2021 Le combat d’Antigone, dans la pièce de Sophocle, est d’obtenir la sépulture de son frère Polynice. Mais quel est le véritable enjeu de sa révolte ? L’emprise…
LE 29/04/2021 Que reste-t-il de la pièce « Oedipe roi » de Sophocle sans la musique et les chants de l’époque antique, l’essence du théâtre, qui accompagnaient le texte…

 

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