et tremblement

Publié dans corps et portraits | Laisser un commentaire

la bande noire

Publié dans Murs, Fenêtres et Devantures | Laisser un commentaire

Roland Barthes et l’érotisme 

« L’endroit le plus érotique d’un corps n’est-il pas là où le vêtement baille ? C’est l’intermittence qui est érotique : celle de la peau qui scintille entre deux pièces ; c’est le scintillement même qui séduit ou encore : la mise en scène d’une apparition /disparition. »

 

Quatrième de couverture

« Que savons-nous du texte ? La théorie, ces derniers temps, a commencé de répondre. Reste une question : que jouissons-nous du texte ? Cette question, il faut la poser, ne serait-ce que pour une raison tactique : il faut affirmer le plaisir du texte contre les indifférences de la science et le puritanisme de l’analyse idéologique; il faut affirmer la jouissance du texte contre l’aplatissement de la littérature à son simple agrément. Comment poser cette question? Il se trouve que le propre de la jouissance, c’est de ne pouvoir être dite. Il a donc fallu s’en remettre à une succession inordonnée de fragments facettes, touches, bulles, phylactères d’un dessin invisible : simple mise en scène de la question, rejeton hors-science de l’analyse textuelle. »

Roland Barthes,  Le Plaisir du texte, Seuil ed, 1973, Paris

Publié dans Citation, Écrivains, Roland Barthes | Laisser un commentaire

Yannick HAENEL, La solitude Caravage

« (…) un monde comme le nôtre dont s’est retiré Dieu, s’éclaire pourtant à sa lumière : si l’on met  Dieu hors jeu, on ne parcourt plus qu’une planète éteinte – on n’en perçoit que le ravage. Même absent, il provoque ce vertige qui nous lance vers le langage : le sacré s’allume  avec le trou que la solitude de Dieu devenue notre image, ouvre dans le réel. » P 50

 

« Etre une personne, c’est connaître la dernière des solitudes » 
Jean Duns Scot, cité par Yannick Haenel p 74

 

 » C’est dans les choses confuses, écrit Léonard de Vinci, que l’esprit trouve matière à de nouvelles inventions » ; il ajoute qu’il en advient ainsi  » en regardant les murs maculés de taches », où l’on devine « des compositions de batailles d’animaux ou d’hommes », des « paysages », des « choses monstrueuses ». p 91

 

Yannick HAENEL, La solitude Caravage, Fayard ed, coll Des vies, 2019

Publié dans ARTS, Citation, Philosophie | Laisser un commentaire

Roland BARTHES, Le plastique

“Plus qu’une substance, le plastique est l’idée même de sa transformation infinie, il est, comme son nom vulgaire l’indique, l’ubiquité rendue visible ; et c’est d’ailleurs en cela qu’il est une matière miraculeuse : le miracle est toujours une conversion brusque de la nature. Le plastique reste tout imprégné de cet étonnement : il est moins objet que trace d’un mouvement.

Et comme ce mouvement est ici à peu près infini, transformant les cristaux originels en une multitude d’objets de plus en plus surprenants, le plastique est en somme un spectacle à déchiffrer : celui-là même de ses aboutissements. […]

Il peut former aussi bien des seaux que des bijoux. D’où un étonnement perpétuel, le songe de l’homme devant les proliférations de la matière, devant les liaisons qu’il surprend entre le singulier de l’origine et le pluriel des effets. Cet étonnement est d’ailleurs heureux, puisqu’à l’étendue des transformations, l’homme mesure sa puissance, et que l’itinéraire même du plastique lui donne l’euphorie d’un glissement prestigieux le long de la Nature. Mais la rançon de cette réussite, c’est que le plastique, sublimé comme mouvement, n’existe presque pas comme substance. Sa constitution est négative :…

Roland BARTHES, Mythologies, 1957, Seuil ed.

 

Publié dans Citation, Roland Barthes, Sciences-humaines | Laisser un commentaire

réflections

Publié dans corps et portraits, Expositions Musées | Laisser un commentaire

Claude MONNET, l’Impressionnisme (France culture)

Portrait de Claude Monet en 1898
Portrait de Claude Monet en 1898 Crédits : Nadar – Getty

 

LE 31/05/2021  Peindre l’air, la beauté de l’air, tel était le désir de Claude Monet. « Et ce n’est rien d’autre qu’impossible », reconnaissait-il, mais il s’y efforça…
LE 01/06/2021  De la naissance de l’impressionnisme à l’enfer blanc de la Norvège, qui résiste à son œil, en passant par la découverte de Giverny et l’émergence des tableaux…
LE 02/06/2021  La compagnie des œuvres se penche aujourd’hui sur un pan majeur dans l’histoire de l’œuvre de Claude Monet : la genèse des Nymphéas, leur entrée au musée…
LE 03/06/2021 L’impressionnisme, dont le nom même doit son origine à un bon mot paru dans le journal satirique Le Charivari, est-il l’histoire d’un malentendu ? Un autre…
À PROPOS DE LA SÉRIE

« Les autres peintres peignent un pont, une maison, un bateau. Je veux peindre l’air dans lequel se trouvent le pont, la maison, le bateau. » Ainsi l’impressionniste Claude Monet définissait-il le motif de sa recherche picturale, qui le jetait à chaque séance de travail « dans les transes » — devant la toile, le voici « bouleversé et comme fou », écrit-il dans sa correspondance — et qu’il qualifiait lui-même de recherche de l’impossible.

La compagnie des œuvres dresse cette semaine son portrait et tente d’esquisser l’analyse d’une œuvre mobile et changeante comme la lumière, que constituent, entre autres, La femme en robe verteImpression, soleil levant, Les coquelicots, ainsi que les vues des Nymphéas et des Cathédrales de Rouen.

Publié dans ARTS, Expositions Musées, Technique picturale | Laisser un commentaire

Jean-Pierre OSTENDE, Les mains d’Artaud

Les mains d’Artaud

Quand son voisin si calme d’habitude a vu pour la première fois les mains d’Artaud sur les morceaux de sucre, le tout photographié par Man Ray, l’émotion a été si forte, prenante, insistante, qu’il a su profondément qu’il irait sans faillir de ce côté-là, qu’il ne pourrait aller que de ce côté-là et sans alternative. Ses grandes décisions commenceraient d’ailleurs souvent comme ça, sans trop réfléchir, sans balancer longuement, de façon presque désinvolte, il l’apprendrait plus tard.
Tant pis si, sur le moment, son voisin si calme presque mou ne pouvait définir avec précision quel était ce côté-là qu’il désirait, ni expliquer les raisons de sa fuite de ce côté-là de la vie. Lui, le voisin flegmatique presque abattu, il savait qu’il s’agissait d’une direction, d’une simple direction, comme on va vers la mer ou la montagne, et qu’il n’en changerait plus.

Et puis, le temps passant, l’histoire se bricolant, avec descentes soulevant le cœur et côtes inquiétantes, virages en épingle et mornes lignes droites, pluies et neiges, le voisin disparu n’a plus cessé de se déconcerter bien malgré lui, regrettant parfois de se sentir perdu, embrouillé, mais l’inquiétude, comme peu à peu il l’avait compris, n’était pas sans saveur ni savoir. A condition d’un peu l’apprivoiser pour éviter l’enfer à emporter.
Peu à peu, pour le voisin, tout est devenu péripétie. La plus petite chose décelable, le moindre détail lisible. Tout pouvait devenir rebondissement ou saut.
Il suffisait de suivre ce qui arrivait.
De se laisser entraîner selon lui, trouver le siège des idées, comme Robert Filliou.
D’accepter les avatars, de tout prendre pour invitation.
Les appels nombreux, les évènements fréquents, si tu les écoutais…
A suivre ou pas, c’était selon.
Mais tout devenait aventure.
Tout pouvait.
Il n’y avait pas besoin de grand chose.
Juste le régulier désir de ne pas devenir un moule à gaufres.

Son plus grand et fort désir initial a été d’avoir du temps, le plus de temps possible.
D’abord le temps et encore le temps.
Quelle drogue.
Il n’en a jamais assez du temps.
Et encore du temps.
Avoir le temps.
Quel trouble !

Publié dans Citation, Écrivains, Jean-Pierre Ostende | Laisser un commentaire

Henri Matisse, bleu, vert, vermillon

Un beau bleu pour le ciel, le plus beau des bleus (la surface étant colorée à saturation, c’est-à-dire jusqu’au point ou le bleu, l’idée du bleu absolu, apparaissait entièrement), le vert de la colline et le vermillon vibrant des corps. J’avais avec ces trois couleurs mon accord lumineux, et aussi la pureté dans la teinte. Signe particulier, la forme se modifiait selon la réaction des voisinages colorés. Car l’expression vient de la surface colorée que le spectateur saisit en son entier.

Henri Matisse

 

Publié dans Citation, MATISSE, Séries | Laisser un commentaire

partout

Publié dans Mondes urbains, Murs, Fenêtres et Devantures | Laisser un commentaire

street

Publié dans Mondes urbains, Murs, Fenêtres et Devantures | Laisser un commentaire

Pablo PICASSO, l’inspiration

 

 

« L’inspiration existe, mais il faut qu’elle vous trouve au travail »

Pablo Picasso

 

 

Publié dans ARTS, Citation, Pablo PICASSO | Laisser un commentaire

Philosophie : qu’est-ce que l’art ? (France Culture)

Publié dans ARTS, Expositions Musées, Philosophie, Séries, Technique picturale | Laisser un commentaire

chu

Publié dans Détails | Laisser un commentaire

Le CORBUSIER, La cité radieuse, Marseille. JOURNAL 1

 

 

Le Corbusier, La cité radieuse, Marseille JOURNAL 1

Publié dans Architectures, Mondes urbains, Séries, vidéos | Laisser un commentaire

Marcel PROUST, Du côté de chez Swann, Sur sa pierre maussade

Sur sa pierre maussade

(…) depuis le déjeuner mes regards anxieux ne quittaient plus le ciel incertain et nuageux. Il restait sombre. Devant la fenêtre, le balcon était gris. Tout d’un coup, sur sa pierre maussade je ne voyais pas une couleur moins terne, mais je sentais comme un effort vers une couleur moins terne, la pulsation d’un rayon hésitant qui voudrait libérer sa lumière. Un instant après, le balcon était pâle et réfléchissant comme une eau matinale, et mille reflets de la ferronnerie de son treillage étaient venus s’y poser. Un souffle de vent les dispersait, la pierre s’était de nouveau assombrie, mais, comme apprivoisés, ils revenaient, elle recommençait imperceptiblement à blanchir et par un de ces crescendos continus comme ceux qui, en musique, à la fin d’une Ouverture, mènent une seule note jusqu’au fortissimo suprême en la faisant passer rapidement par tous les degrés intermédiaires, je la voyais atteindre à cet or inaltérable et fixe des beaux jours, sur lequel l’ombre découpée de l’appui ouvragé de la balustrade se détachait en noir comme une végétation capricieuse, avec une ténuité dans la délinéation des moindres détails qui semblait trahir une conscience appliquée, une satisfaction d’artiste, et avec un tel relief, un tel velours dans le repos de ses masses sombres et heureuses qu’en vérité ces reflets larges et feuillus qui reposaient sur ce lac de soleil semblaient savoir qu’ils étaient des gages de calme et de bonheur.

Marcel PROUST, Du côté de chez Swann, P 389, édition Gallimard, collection Folio, 1988

Publié dans Écrivains, Marcel Proust, sans titre | Laisser un commentaire

Henri Matisse, dessiner un arbre que je vois

 

Ne vous y trompez pas : je ne veux pas dire que, voyant l’arbre par ma fenêtre, je travaille pour le copier. L’arbre, c’est aussi tout un ensemble d’effets qu’il fait sur moi. Il n’est pas question de dessiner un arbre que je vois.
(Matisse à Aragon)

 

 

 

 

Publié dans Citation, MATISSE, Séries, Technique picturale | Laisser un commentaire

la Terrasse de Duras

Publié dans Architectures | Laisser un commentaire

Long Glass Extra long

Publié dans Mondes urbains, Murs, Fenêtres et Devantures | Laisser un commentaire

Le sexe, un détail en peinture ?

Si le nu est présent dans toute l’histoire de l’art, la représentation du sexe en lui-même, tantôt érotisé tantôt dissimulé par souci de pudeur, a constamment fait l’objet de débats.

"L'Amour victorieux" du peintre italien Le Caravage, 1601-1602, exposé aux Écuries du Quirinal pendant l'exposition "Caravage", février 2010, Rome.
« L’Amour victorieux » du peintre italien Le Caravage, 1601-1602, exposé aux Écuries du Quirinal pendant l’exposition « Caravage », février 2010, Rome. Crédits : Getty

C’est la découverte du croquis d’un sexe masculin sur le col d’un des protagonistes de la scène dépeinte, dans le tableau de Caravage intitulé Les Tricheurs, qui rappelle à quel point la représentation du nu dans l’art a toujours été l’objet de fascination et de censure,  plus ou moins contournée. Cela nous amène également à nous demander quelle est la place du détail en peinture et sur ce qu’il ajoute à l’impression globale qu’engendre l’œuvre sur le spectateur. Selon Jérémie Koering, le détail a pour fonction, chez Caravage, d’affirmer « l’évidence du visible dans sa double part référentielle et construite ». Un gant troué, les coins cornés des cartes de jeu, une dentelle travaillée, les motifs du tapis, tout concourt à donner consistance à la représentation. Est-ce des symboles qui suggèrent des réalités cachées ou des signes qui dénotent la puissance de la peinture, partagée entre opacité et transparence ? Est-ce, dans le cas des tableaux religieux, le moyen de donner une interprétation naturaliste de l’histoire sainte, de traduire le vrai ? Et qu’en est-il de la représentation du sexe, cet objet licencieux qui n’a jamais cessé d’être montré en même temps que caché ? Qu’est-ce que cela révèle des normes de décence et de leurs perpétuelles transgressions dans l’histoire de l’art ?

  • Les invités : Philippe Comar, écrivain, professeur à l’Ecole nationale des Beaux-Arts, commissaire d’expositions dont « Masculin masculin : l’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours » et auteur de l’essai L’homme nu publié en 2013, co-auteur avec Nicolas Guilbert de Voir et regarder l’art publié aux éditions Herscher en 2021 et Jérémie Koering, professeur d’histoire de l’art moderne à l’université de Fribourg, auteur de Les iconophages : une histoire de l’ingestion des images paru aux éditions Actes Sud en 2021 et de Caravage, juste un détail, publié en 2019 aux Editions de l’INHA.
Publié dans ARTS, corps et portraits, Détails, Expositions Musées | Laisser un commentaire