Pablo PICASSO, Verre sur un guéridon

Pablo PICASSO, Verre sur un guéridon, Céret 1913 (papier peint collé, découpé et épinglé sur toile) Musée Picasso, Paris.

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La naissance du racisme, France culture

Aristote et l’esclave « par nature », Hippocrate et sa théorie climatique… Les penseurs grecs ont souvent été convoqués pour justifier l’esclavage et l’infériorité de certains peuples, à l’époque moderne mais aussi plus tôt, au cours de la traite arabo-musulmane…

 

Après avoir converti juifs et musulmans, les rois catholiques de la péninsule ibérique vont imposer aux « conversos » de nouveaux statuts, discriminatoires : La pureté de sang (Limpieza de sangre).

 

En pleine expansion de la traite transatlantique au XVIIIe siècle, la racialisation de l’esclavage se met en place dans les colonies européennes aux Amériques. Une frontière se forme entre le « nègre » et le blanc…

 

Au XIXe et jusqu’au milieu du XXe siècle, les zoos humains vont mettre en scène l’infériorité des peuples colonisés, tant en Europe qu’au Japon ou aux Etats-Unis. Et permettre ainsi une large diffusion de ce que nous nommons, depuis le début du XXe siècle, le racisme.

 

Pour LSD, Stéphane Bonnefoi questionne les origines du racisme et la notion de race, depuis l’antiquité jusqu’au XIXe siècle, au gré de quatre épisodes historiques.

Les origines du racisme sont difficiles à déterminer, et finalement peu questionnées… Sa naissance remonte sans doute à la nuit des temps, mais pour les historiens, le racisme reste avant tout lié à la construction de la race au XVIIIe siècle, dans le sillage de l’esclavage et de la traite transatlantique. Le mot lui-même n’apparaissant qu’au tout début du XXe siècle… Ce qui ne signifie pas que différentes formes de « racismes » n’aient pas existé avant l’époque moderne, notamment dès la fin de la Reconquista espagnole au XVe siècle, où se met en place pour la première fois un système de domination basé sur le sang : la Limpieza de sangre. Et sans doute plus tôt encore, durant la traite arabo-musulmane…

Une série documentaire de Stéphane Bonnefoi, réalisée par Diphy Mariani

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penchée

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Bernard NOEL, Matisse

« Cette année 1911, Henri Matisse peint Les Poissons rouges, La fenêtre bleue, Grand Intérieur aux aubergines ; l’Atelier rose et l’Atelier rouge. Chacun de ces chefs-d’œuvre restitue différemment l’espace de la vue, soit qu’il en structure la limpidité, mais en laissant libre de baigner toute chose (La Fenêtre bleue), soit qu’il enferme ce dehors dans un dedans et organise concentriquement le monde autour (Les poissons rouges). Dans les trois grands tableaux d’intérieurs, le plus frappant est leur manière de citer plusieurs espaces en un seul – de les unir en peignant d’autres tableaux dans le tableau, en ouvrant une fenêtre ou un miroir. Les tableaux cités sont toujours de Matisse : ils sont le passé du tableau présent ; ils sont également l’ouverture sur tous les espaces, qui font partie du même espace que lui. Les tableaux ouvrent de fausses fenêtres qui ne donnent que sur la vue du peintre ; mais les vraies fenêtres n’ouvrent que de faux tableaux, qui donne pareillement sur la vue du peintre. Quant au miroir, ils mettent dans la vue ce qui reste en dehors, et ils permettent au peintre d’entrer dans son tableau. »
Bernard Noël Matisse, collection les mots de la peinture, p 70, éditions Hazan, 2002.

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Les philosophes face à la guerre, France culture

SÉRIE   SAVOIRS

Les philosophes face à la guerre

Épisode 1 : Peut-on faire de la politique sans faire la guerre ?

3ème semaine depuis le début de l’offensive russe en Ukraine. Platon, Machiavel, Clausewitz : qu’ont dit ces philosophes de la guerre ? Est-elle la pierre angulaire de la politique ? L’unité a-t-elle besoin de la guerre pour exister ?

Épisode 2 : La meilleure défense c’est Tolstoï  

Pour Tolstoï, ce sont les foules qui font l’histoire, non les grands hommes, et c’est cette philosophie qui est au coeur de « Guerre et paix », deux mille pages écrites entre 1865 et 1869. L’écrivain est-il le seul à pouvoir retranscrire la guerre avec justesse ?

Épisode 3 : La guerre nucléaire aura-t-elle lieu ?

Comment l’arme nucléaire a-t-elle réinventé les relations entre guerre et politique ? Comment la possibilité de la catastrophe conduit-elle à repenser de manière radicale les rapports entre pouvoir et humanité ?

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Marcel PROUST, Le côté de Guermantes,  Le peuple des bruits exilés

Le peuple des bruits exilés

Pour revenir au son, qu’on épaississe encore les boules qui ferment le conduit auditif, elles obligent au pianissimo la jeune fille qui jouait au-dessus de notre tête un air turbulent ; qu’on enduise une de ces boules d’une matière grasse, aussitôt son despotisme est obéi par toute la maison, ses lois mêmes s’étendent au dehors. Le pianissimo ne suffit plus, la boule fait instantanément fermer le clavier et la leçon de musique est brusquement finie ; le monsieur qui marchait sur notre tête cesse d’un seul coup sa ronde ; la circulation des voitures et des tramways est interrompue comme si on attendait un Chef d’État. Et cette atténuation des sons trouble même quelquefois le sommeil au lieu de le protéger. Hier encore les bruits incessants, en nous décrivant d’une façon continue les mouvements dans la rue et dans la maison, finissaient par nous endormir comme un livre ennuyeux ; aujourd’hui, à la surface de silence étendue sur notre sommeil, un heurt plus fort que les autres arrive à se faire entendre, léger comme un soupir, sans lien avec aucun autre son, mystérieux ; et la demande d’explication qu’il exhale suffit à nous éveiller. Que l’on retire pour un instant au malade les cotons superposés à son tympan, et soudain la lumière, le plein soleil du son se montre de nouveau, aveuglant, renaît dans l’univers ; à toute vitesse rentre le peuple des bruits exilés ; on assiste, comme si elles étaient psalmodiées par des anges musiciens, à la résurrection des voix. Les rues vides sont remplies pour un instant par les ailes rapides et successives des tramways chanteurs. Dans la chambre elle-même, le malade vient de créer, non pas, comme Prométhée, le feu, mais le bruit du feu. Et en augmentant, en relâchant les tampons d’ouate, c’est comme si on faisait jouer alternativement l’une et l’autre des deux pédales qu’on a ajoutées à la sonorité du monde extérieur.
Marcel PROUST, Le côté de Guermantes,  Gallimard, coll La Pléiade, 1973, p 76

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de visu

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Michel Schneider, Dans un système symbolique…

 

« Dans un système symbolique, les liens ne résultent pas de l’action volontaire des individus, ils les précèdent par une tradition et font peser sur eux une contrainte. Relève de l’ordre symbolique tout ce qu’on ne peut changer, quoi qu’on en ait : le nom, les règles de filiation, la langue, la grammaire, la différence des sexes, la finitude de la vie. On ne choisit pas le nom qu’on porte, les parents qu’on a, la langue qu’on parle et les règles qui la gouvernent, la place qu’on tient dans la différence des sexes, la mort qu’on rencontre l’heure venue. S’il restreint la liberté des choix, l’ordre symbolique accroît aussi cette vraie liberté qu’est le désir. Les choses qu’on ne choisit pas ont un grand avantage : elles nous protègent de nos pulsions et de nos pensées les plus primitives. Elles survivent à l’agression et à la culpabilité, et par cela même les limites. Les parents, parce qu’on n’a pas choisi de naître, et naître de ceux-ci, permettent ce rôle de construction d’un soi non dépendant. Lacan parle du symbolique en tant que « loi », « chaîne », « extériorité », « ordre », « servitude» *. L’ordre symbolique est en effet ce qui assujetti l’individu, aux deux sens du terme, en lui permettant de dire « je » et en limitant son vouloir. Il le libère de l’absolue liberté qui n’est qu’équivalence de tout avec tout et le dispense de la fuite dans le rien ne vaut rien. »

Michel Schneider, La confusion des sexes, coll Café Voltaire, Flammarion Paris, 2007, P 120-121.

 

*Jacques Lacan, Ecrits, Paris, Seuil, 1966, p11, 468,469,495

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Résignation ?

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Bernard Noël, MATISSE, la simplification

 

« L’allègement, pour Matisse, fut lié à la pratique de la simplification : c’est en simplifiant qu’il a tiré la forme de l’isolement dans lequel la maintient le dessin traditionnel avec ses valeurs, ses ombres, ses modelés. L’intérieur de la forme est alors monté peu à peu vers la surface, et il s’y est aéré, mais cette montée avait déjà été obtenue, dans la peinture, par le passage de la couleur descriptive à la couleur expressive. La forme, habitée par l’espace dont elle était l’habitante, était devenue communicative. »

Bernard Noël Matisse, collection les mots de la peinture, p 70, éditions Hazan, 2002.

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Marcel PROUST, ces hommes qui ne sont que des noms

ces hommes qui ne sont que des noms

Au reste, comment leur salle à manger, leur galerie obscure, aux meubles de peluche rouge, que je pouvais apercevoir quelquefois par la fenêtre de notre cuisine, ne m’auraient-ils pas semblé posséder le charme mystérieux du faubourg Saint-Germain, en faire partie d’une façon essentielle, y être géographiquement situés, puisque avoir été reçu dans cette salle à manger, c’était être allé dans le faubourg Saint-Germain, en avoir respiré l’atmosphère, puisque ceux qui, avant d’aller à table, s’asseyaient à côté de Mme de Guermantes sur le canapé de cuir de la galerie, étaient tous du faubourg Saint-Germain ? Sans doute, ailleurs que dans le Faubourg, dans certaines soirées, on pouvait voir parfois trônant majestueusement au milieu du peuple vulgaire des élégants l’un de ces hommes qui ne sont que des noms et qui prennent tour à tour quand on cherche à se les représenter l’aspect d’un tournoi et d’une forêt domaniale. Mais ici, dans le premier salon du faubourg Saint-Germain, dans la galerie obscure, il n’y avait qu’eux. Ils étaient, en une matière précieuse, les colonnes qui soutenaient le temple. Même pour les réunions familières, ce n’était que parmi eux que Mme de Guermantes pouvait choisir ses convives, et dans les dîners de douze personnes, assemblés autour de la nappe servie, ils étaient comme les statues d’or des apôtres de la Sainte-Chapelle, piliers symboliques et consécrateurs, devant la Sainte Table.
Marcel PROUST, Du côté de Guermantes, Gallimard, coll La Pléiade, 1973, p30-31

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Bruno LATOUR, France culture

 

Métaphysique, science, écologie, politique, toute une semaine en compagnie de l’un des philosophes français les plus connus au monde : Bruno Latour.

 

Métaphysique, science, écologie, politique, quatre émissions en compagnie d’un des philosophes français les plus connus au monde : Bruno Latour. « En 50…

Si pour Bruno Latour, la science a organisé toute l’histoire de l’Occident, il faut pourtant remettre en question son autorité autoproclamée, tout en reconnaissant…

La modernité, pour Bruno Latour, est un mot d’ordre rempli de violence. Sa volonté : faire de la modernité un objet d’étude anthropologique pour comprendre…

Comment l’écologie pourrait-elle entrer dans le mode d’existence politique ? Pourquoi est-elle la seule alternative crédible à notre modèle d’injonction…

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au bord

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dans le vague

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Pablo PICASSO, Nature morte : guitare, verre, journal et as de pique

Pablo PICASSO, Nature morte : guitare, verre, journal et as de pique, 1914, Musée Picasso, Paris

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Henri MATISSE, Devant le sujet…

« Devant le sujet, vous devez oublier toutes vos théories, vos idées. La part de celles-ci qui vous revient réellement ressortira dans l’expression de l’émotion éveillée en vous par le sujet. »

Henri Matisse, Ecrits et Propos sur l’art, Hermann éd, 2004

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flou de forme

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Marcel PROUST, le mystère de son nom

le mystère de son nom

Et cela m’était d’autant plus nécessaire de pouvoir chercher dans le « salon » de Mme de Guermantes, dans ses amis, le mystère de son nom, que je ne le trouvais pas dans sa personne quand je la voyais sortir le matin à pied ou l’après-midi en voiture. Certes déjà, dans l’église de Combray, elle m’était apparue dans l’éclair d’une métamorphose avec des joues irréductibles, impénétrables à la couleur du nom de Guermantes, et des après-midi au bord de la Vivonne, à la place de mon rêve foudroyé, comme un cygne ou un saule en lequel a été changé un Dieu ou une nymphe et qui désormais soumis aux lois de la nature glissera dans l’eau ou sera agité par le vent. Pourtant ces reflets évanouis, à peine les avais-je quittés qu’ils s’étaient reformés comme les reflets roses et verts du soleil couché, derrière la rame qui les a brisés, et dans la solitude de ma pensée le nom avait eu vite fait de s’approprier le souvenir du visage. Mais maintenant souvent je la voyais à sa fenêtre, dans la cour, dans la rue ; et moi du moins si je ne parvenais pas à intégrer en elle le nom de Guermantes, à penser qu’elle était Mme de Guermantes, j’en accusais l’impuissance de mon esprit à aller jusqu’au bout de l’acte que je lui demandais ; mais elle, notre voisine, elle semblait commettre la même erreur ; bien plus, la commettre sans trouble, sans aucun de mes scrupules, sans même le soupçon que ce fût une erreur. Ainsi Mme de Guermantes montrait dans ses robes le même souci de suivre la mode que si, se croyant devenue une femme comme les autres, elle avait aspiré à cette élégance de la toilette dans laquelle des femmes quelconques pouvaient l’égaler, la surpasser peut-être ; je l’avais vue dans la rue regarder avec admiration une actrice bien habillée ; et le matin, au moment où elle allait sortir à pied, comme si l’opinion des passants dont elle faisait ressortir la vulgarité en promenant familièrement au milieu d’eux sa vie inaccessible, pouvait être un tribunal pour elle, je pouvais l’apercevoir devant sa glace, jouant avec une conviction exempte de dédoublement et d’ironie, avec passion, avec mauvaise humeur, avec amour-propre, comme une reine qui a accepté de représenter une soubrette dans une comédie de cour, ce rôle, si inférieur à elle, de femme élégante ; et dans l’oubli mythologique de sa grandeur native, elle regardait si sa voilette était bien tirée, aplatissait ses manches, ajustait son manteau, comme le cygne divin fait tous les mouvements de son espèce animale, garde ses yeux peints des deux côtés de son bec sans y mettre de regards et se jette tout d’un coup sur un bouton ou un parapluie, en cygne, sans se souvenir qu’il est un Dieu. Mais comme le voyageur, déçu par le premier aspect d’une ville, se dit qu’il en pénétrera peut-être le charme en en visitant les musées, en liant connaissance avec le peuple, en travaillant dans les bibliothèques, je me disais que si j’avais été reçu chez Mme de Guermantes, si j’étais de ses amis, si je pénétrais dans son existence, je connaîtrais ce que sous son enveloppe orangée et brillante son nom enfermait réellement, objectivement, pour les autres, puisque enfin l’ami de mon père avait dit que le milieu des Guermantes était quelque chose d’à part dans le faubourg Saint-Germain.  Marcel PROUST, Le Côté de Guermantes, Gallimard, coll La Pléiade, 1973, p28-30

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Musée du Louvre, Paris, 17-12-2016

re-presentation   Collection JOURNAL 

 

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Mécaniques de la cybermenace, France culture

Depuis 2017, la France dispose d’un commandement militaire de la cyberdéfense, le Comcyber, avec des soldats formés au combat dans l’espace numérique.

 

Les cyberattaques peuvent aussi viser la démocratie et ses institutions, comme aux États-Unis en 2016 et en France en 2017. Des ingérences qui sont aujourd’hui mieux connues et anticipées par les autorités françaises, avec la création d’une nouvelle agence dédiée : Viginum.

 

Les conséquences d’une cyberattaque peuvent être très graves et n’épargnent aucune cible. L’hôpital de Dax, frappé en pleine pandémie de Covid-19 l’a douloureusement constaté en 2021.

 

Ils semblent anonymes et tout-puissants : comment fait la justice pour identifier et arrêter les cybercriminels ? Des cybergendarmes et le parquet national cyber nous ont reçus.

 

Face aux cyberattaquants, certains hackeurs mettent leur savoir au service de la société. Une société qui a aussi un rôle à jouer face à la cybermenace.

 

Piratage par des individus ou des États, manipulations numériques… ce podcast nous plonge en immersion dans les services qui luttent contre la cybermenace, pour comprendre comment la France se défend et s’arme dans le cyberespace.

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