flou de forme

Publié dans ARTS, corps et portraits, Technique picturale | Laisser un commentaire

La douleur, France culture

La douleur, la souffrance, sont des événements quotidiens, banals tout en étant exceptionnels. Parce que nous sommes vivants, nous sommes amenés à souffrir. La douleur, qui nous métamorphose, est-elle une nécessité de l’existence ? Mais à quoi bon ? Est-il même possible de la penser ?

 

Dans la Rome antique, il existait un usage social et affectif des larmes. Leur exubérance s’est aujourd’hui perdue… Pourquoi les larmes ont-elles de moins en moins coulé ?

 

Sport, masochisme, scarification, body art : toute douleur choisie est-elle imprégnée de sens ? Lorsque la douleur est subie, dans la torture, construire un récit intérieur peut-il amener à dépasser la souffrance pour la transfigurer ? Quel est le soi auquel nous fait parvenir la douleur ?

 

Michel de Montaigne souffrait d’une maladie sévère, son existence était un « vivre coliqueux ». Dans ses Essais, il propose une approche originale : ni nier la douleur, ni s’y noyer, ni l’exagérer… De la même façon qu’on fait son deuil, comment « faire » sa douleur ?

 

Publié dans Philosophie, Radio, Séries | Laisser un commentaire

Michel Schneider, « Pas réponse à tout. »

 

« Quand l’Etat aura-t-il le courage, et cette qualité qui est selon Montesquieu le ressort de la République, la vertu – on n’oserait plus dire : la virilité, mais le mot est de même racine – de dire qu’il n’a pas réponse à tout ? Quand les Français redeviendront des sujets sachant qu’ils ont en définitive à répondre de même. Et si le symptôme de la France était à lire à l’envers du titre et du contenu de cette émission :  l’incapacité à   se questionner, et l’incapacité des politiques à laisser sans réponse des demandes ? C’est pourtant à ce double prix que surgissent des désirs. »
Michel Schneider, Big Mother, Psychopathologie de la vie politique, Ed Odile Jacob, 2002, P 49

Publié dans Citation, Écrivains, Psychanalyse, Sciences-humaines | Laisser un commentaire

le mur

Publié dans Mondes urbains, Murs, Fenêtres et Devantures | Laisser un commentaire

dérobée

Publié dans Architectures, Murs, Fenêtres et Devantures | Laisser un commentaire

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation

 

« L’homme n’est point cet être débonnaire, au cœur assoiffé d’amour, dont on dit qu’il se défend quand on l’attaque, mais un être, au contraire, qui doit porter au compte de ses données instinctives une bonne dose d’agressivité. Pour lui, par conséquent, le prochain n’est pas seulement un auxiliaire et un objet sexuel possibles, mais aussi un objet de tentation. L’homme est, en effet, tenté de satisfaire son besoin d’agression aux dépens de son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagement, de l’utiliser sexuellement sans son contentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer.

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation (1930), traduction française 1970, Paris PUF p 49

Publié dans Citation, Écrivains, Philosophie, Psychanalyse, Sciences-humaines | Laisser un commentaire

Pablo PICASSO, Paysage de Juan-les-Pins

Pablo PICASSO, Paysage de Juan-les-Pins, été 1920, Musée Picasso, Paris

Publié dans ARTS, Pablo PICASSO, Paysages, Séries, Technique picturale | Laisser un commentaire

flou de forme

Publié dans ARTS, corps et portraits, Technique picturale | Laisser un commentaire

Guido RENI, Le Christ remettant les clés à Saint Pierre

Guido RENI, Le Christ remettant les clés à Saint Pierre, détails, 1626, Le Louvre, Paris

Publié dans ARTS, corps et portraits, Détails, Technique picturale | Laisser un commentaire

Marcel Proust, cousu main, France culture

Difficile d’imaginer Proust autrement : du temps perdu dans les salons, le goût retrouvé d’une madeleine, la monumentale Recherche. Il suffit de retourner le manteau des apparences pour qu’un nouveau Proust apparaisse.

A l’origine du futur écrivain, il y a la voix d’une mère, l’appel du paysage, l’amour naissant et la peur de l’abandon. Des sensations qui s’échappent et que le jeune Proust voudrait retenir.

Les salons se font et se défont. Le mot Dreyfus est sur toutes les bouches. Des voix surgissent du téléphone. Dans les voitures, le paysage défile à toute allure. Des bombes tombent sur Paris. Proust tisse l’étoffe du monde.

Du temps perdu au temps retrouvé, Proust est l’inventeur d’une machine à explorer le temps. Ses phrases élastiques s’étirent, se bouclent et nous propulsent dans la quatrième dimension.

Proust meurt en 1922, échappant à l’opprobre. Au cours des deux décennies qui suivent la mort de l’écrivain, l’antisémitisme ne fait que s’intensifier. L’étau se resserre partout en Europe. Alors, Proust devient, pour certains de ses lecteurs, un véritable recours jusque dans l’enfer des camps.

Des lecteurs fervents, des artistes habités et des chercheurs sans entrave osent retourner le manteau des apparences proustiennes pour vous guider à travers les plis d’une œuvre colossale, regards sur le monde, qui défie le temps.

Ambitieusement”, ce livre serait “comme une cathédrale”, écrit Proust dans La Recherche. Effrayante vue de l’esprit qui fait immédiatement se dresser l’image d’une œuvre monumentale, symétrie parfaite, allées de phrases, travées de significations, saintes interprétations. Mais un trébuchement sur un pavé disjoint vient provoquer une irrésistible chute de la phrase. Plus humblement, conclut Proust, ce livre serait “tout simplement comme une robe”. Désirable, sensuelle, concrète, l’œuvre devient tissu moiré, trame de fils savamment entrecroisés, morceaux cousus et recousus à la main pour le corps qui va le porter. Un Proust trivial, sublime.

Une Grande Traversée signée Christine Lecerf, réalisée par Anne Perez Franchini.

Avec l’aide de Anouck Delfino. Prise de son : François Rivalan, Christophe Goudin, Yann Fressy, Stéphane Foulon, Hervé Dubreuil, Andréas Jaffré, Sandrine Malon, Mai Phuong Tran, Loic Durros, Yvan Turk. Mixage de Djaison Taouss, Pierrick Charles, Valentin Azan Zelinski et documentation de Véronique de Saint Pastou, Antoine Vuilloz, Annelise Signoret. Coordination : Christine Bernard.

Remerciements :

Liens :

Christine Lecerf est productrice à France-Culture. Auteure de nombreuses Grandes Traversées, (Arendt, Freud, Chaplin, Céline, Marx), elle a obtenu le Prix SCAM pour Looking for Shakespeare. Elle est également critique littéraire au Monde.

Publié dans Écrivains, Marcel Proust, Radio | Laisser un commentaire

Michel Schneider, l’Inconscient

« (…)  l’inconscient, cette force qui nous pousse à ne jamais savoir ce qu’on fait quand on agit ni ce qu’on dit quand on parle.»

Michel Schneider, Big Mother, Psychopathologie de la vie quotidienne, Ed Odile Jacob, 2002,  P 35-36

Publié dans Citation, Psychanalyse | Laisser un commentaire

Guggenheim, Bilbao

Publié dans Architectures, Détails, Murs, Fenêtres et Devantures | Laisser un commentaire

Derrière, l’Enfer…

Publié dans Détails, Murs, Fenêtres et Devantures, Textes & Images | Laisser un commentaire

Michel Schneider, Shakespeare…

« Comédies où tragédies historiques, Shakespeare a tout dit sur le pouvoir, et l’actualité nous le rappelle chaque fois que nous regardons s’ébattre nos grands hommes si petits. Il y a encore de l’inconscient et c’est une chose que la politique redoute, sachant assez qu’elle en est de part en part animée. Il y a aussi, encore, toujours, du mal dans la délinquance, de la cruauté dans certaines grèves, des politiques publiques méchantes, des revendications sociales tyranniques, des plaintes agressives, de la bêtise dans le débat public, du vice dans certains êtres, de l’inhumain dans l’humaine condition. La politique n’arrivera pas à se débarrasser de ce qu’elle vise à civiliser : la guerre de tous contre tous et le conflit de chacun avec lui-même. »

Michel Schneider, Big Mother, Psychopathologie de la vie quotidienne, Ed Odile Jacob, 2002,  Page 13

Publié dans Citation, Écrivains, Psychanalyse | Laisser un commentaire

Pablo PICASSO, Verre sur un guéridon

Pablo PICASSO, Verre sur un guéridon, Céret 1913 (papier peint collé, découpé et épinglé sur toile) Musée Picasso, Paris.

Publié dans ARTS, Pablo PICASSO, Séries, Technique picturale | Laisser un commentaire

La naissance du racisme, France culture

Aristote et l’esclave « par nature », Hippocrate et sa théorie climatique… Les penseurs grecs ont souvent été convoqués pour justifier l’esclavage et l’infériorité de certains peuples, à l’époque moderne mais aussi plus tôt, au cours de la traite arabo-musulmane…

 

Après avoir converti juifs et musulmans, les rois catholiques de la péninsule ibérique vont imposer aux « conversos » de nouveaux statuts, discriminatoires : La pureté de sang (Limpieza de sangre).

 

En pleine expansion de la traite transatlantique au XVIIIe siècle, la racialisation de l’esclavage se met en place dans les colonies européennes aux Amériques. Une frontière se forme entre le « nègre » et le blanc…

 

Au XIXe et jusqu’au milieu du XXe siècle, les zoos humains vont mettre en scène l’infériorité des peuples colonisés, tant en Europe qu’au Japon ou aux Etats-Unis. Et permettre ainsi une large diffusion de ce que nous nommons, depuis le début du XXe siècle, le racisme.

 

Pour LSD, Stéphane Bonnefoi questionne les origines du racisme et la notion de race, depuis l’antiquité jusqu’au XIXe siècle, au gré de quatre épisodes historiques.

Les origines du racisme sont difficiles à déterminer, et finalement peu questionnées… Sa naissance remonte sans doute à la nuit des temps, mais pour les historiens, le racisme reste avant tout lié à la construction de la race au XVIIIe siècle, dans le sillage de l’esclavage et de la traite transatlantique. Le mot lui-même n’apparaissant qu’au tout début du XXe siècle… Ce qui ne signifie pas que différentes formes de « racismes » n’aient pas existé avant l’époque moderne, notamment dès la fin de la Reconquista espagnole au XVe siècle, où se met en place pour la première fois un système de domination basé sur le sang : la Limpieza de sangre. Et sans doute plus tôt encore, durant la traite arabo-musulmane…

Une série documentaire de Stéphane Bonnefoi, réalisée par Diphy Mariani

Publié dans Philosophie, Radio, Sciences-humaines, Séries | Laisser un commentaire

penchée

Publié dans ARTS, corps et portraits, Technique picturale | Laisser un commentaire

Bernard NOEL, Matisse

« Cette année 1911, Henri Matisse peint Les Poissons rouges, La fenêtre bleue, Grand Intérieur aux aubergines ; l’Atelier rose et l’Atelier rouge. Chacun de ces chefs-d’œuvre restitue différemment l’espace de la vue, soit qu’il en structure la limpidité, mais en laissant libre de baigner toute chose (La Fenêtre bleue), soit qu’il enferme ce dehors dans un dedans et organise concentriquement le monde autour (Les poissons rouges). Dans les trois grands tableaux d’intérieurs, le plus frappant est leur manière de citer plusieurs espaces en un seul – de les unir en peignant d’autres tableaux dans le tableau, en ouvrant une fenêtre ou un miroir. Les tableaux cités sont toujours de Matisse : ils sont le passé du tableau présent ; ils sont également l’ouverture sur tous les espaces, qui font partie du même espace que lui. Les tableaux ouvrent de fausses fenêtres qui ne donnent que sur la vue du peintre ; mais les vraies fenêtres n’ouvrent que de faux tableaux, qui donne pareillement sur la vue du peintre. Quant au miroir, ils mettent dans la vue ce qui reste en dehors, et ils permettent au peintre d’entrer dans son tableau. »
Bernard Noël Matisse, collection les mots de la peinture, p 70, éditions Hazan, 2002.

Publié dans ARTS, Citation, MATISSE, Technique picturale | Laisser un commentaire

Les philosophes face à la guerre, France culture

SÉRIE   SAVOIRS

Les philosophes face à la guerre

Épisode 1 : Peut-on faire de la politique sans faire la guerre ?

3ème semaine depuis le début de l’offensive russe en Ukraine. Platon, Machiavel, Clausewitz : qu’ont dit ces philosophes de la guerre ? Est-elle la pierre angulaire de la politique ? L’unité a-t-elle besoin de la guerre pour exister ?

Épisode 2 : La meilleure défense c’est Tolstoï  

Pour Tolstoï, ce sont les foules qui font l’histoire, non les grands hommes, et c’est cette philosophie qui est au coeur de « Guerre et paix », deux mille pages écrites entre 1865 et 1869. L’écrivain est-il le seul à pouvoir retranscrire la guerre avec justesse ?

Épisode 3 : La guerre nucléaire aura-t-elle lieu ?

Comment l’arme nucléaire a-t-elle réinventé les relations entre guerre et politique ? Comment la possibilité de la catastrophe conduit-elle à repenser de manière radicale les rapports entre pouvoir et humanité ?

Publié dans Philosophie, Radio, Sciences-humaines, Séries | Laisser un commentaire

Marcel PROUST, Le côté de Guermantes,  Le peuple des bruits exilés

Le peuple des bruits exilés

Pour revenir au son, qu’on épaississe encore les boules qui ferment le conduit auditif, elles obligent au pianissimo la jeune fille qui jouait au-dessus de notre tête un air turbulent ; qu’on enduise une de ces boules d’une matière grasse, aussitôt son despotisme est obéi par toute la maison, ses lois mêmes s’étendent au dehors. Le pianissimo ne suffit plus, la boule fait instantanément fermer le clavier et la leçon de musique est brusquement finie ; le monsieur qui marchait sur notre tête cesse d’un seul coup sa ronde ; la circulation des voitures et des tramways est interrompue comme si on attendait un Chef d’État. Et cette atténuation des sons trouble même quelquefois le sommeil au lieu de le protéger. Hier encore les bruits incessants, en nous décrivant d’une façon continue les mouvements dans la rue et dans la maison, finissaient par nous endormir comme un livre ennuyeux ; aujourd’hui, à la surface de silence étendue sur notre sommeil, un heurt plus fort que les autres arrive à se faire entendre, léger comme un soupir, sans lien avec aucun autre son, mystérieux ; et la demande d’explication qu’il exhale suffit à nous éveiller. Que l’on retire pour un instant au malade les cotons superposés à son tympan, et soudain la lumière, le plein soleil du son se montre de nouveau, aveuglant, renaît dans l’univers ; à toute vitesse rentre le peuple des bruits exilés ; on assiste, comme si elles étaient psalmodiées par des anges musiciens, à la résurrection des voix. Les rues vides sont remplies pour un instant par les ailes rapides et successives des tramways chanteurs. Dans la chambre elle-même, le malade vient de créer, non pas, comme Prométhée, le feu, mais le bruit du feu. Et en augmentant, en relâchant les tampons d’ouate, c’est comme si on faisait jouer alternativement l’une et l’autre des deux pédales qu’on a ajoutées à la sonorité du monde extérieur.
Marcel PROUST, Le côté de Guermantes,  Gallimard, coll La Pléiade, 1973, p 76

Publié dans Citation, Écrivains, Marcel Proust, Séries | Laisser un commentaire