Comment se fabriquent les souvenirs ? France culture

    • Edmund Husserl, dans ses « Leçons sur la conscience intime du temps », évoque la formation du souvenir par la rétention, une synthèse passive du temps. Comment la conscience du présent peut-elle inclure cette rétention du passé selon Husserl ?
      L’oubli est habituellement perçu de manière négative, mais Nietzsche le considère comme une force vitale. Pourquoi se souvenir de tout serait plus problématique qu’oublier ?
      Il y a des souvenirs que nous refoulons. Ces souvenirs oubliés sont-ils définitivement perdus ou simplement endormis dans l’inconscient ? Comment Bergson, Freud et Proust pensent-ils les possibilités d’accès à des souvenirs dont nous n’avons pas conscience ?
    • La répétition du passé permet de revivre dans le présent ce qui a déjà eu lieu. Tandis que Walter Benjamin cherche dans l’écriture une issue messianique au désastre de l’histoire, Ernst Bloch pense le mouvement de l’histoire comme une dialectique ouverte sur l’avenir…
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Marcel PROUST,  l’Art, Le Temps retrouvé

« Par l’art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n’est pas le même que le nôtre et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu’il peut y avoir dans la lune. Grâce à l’art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et autant qu’il y a d’artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition… »

Marcel PROUST,  Le Temps retrouvé

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Pablo PICASSO, nature morte verte

Pablo PICASSO, nature morte verte, 1914, Lillie P. Bliss collection, 1934

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Passages

Bernard Obadia

essais

re-presentations

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Marcel PROUST, Le côté de Guermantes, Celui qui est devenu entièrement sourd

Celui qui est devenu entièrement sourd

Celui qui est devenu entièrement sourd ne peut même pas faire chauffer auprès de lui une bouillotte de lait sans devoir guetter des yeux, sur le couvercle ouvert, le reflet blanc, hyperboréen, pareil à celui d’une tempête de neige et qui est le signe prémonitoire auquel il est sage d’obéir en retirant, comme le Seigneur arrêtant les flots, les prises électriques ; car déjà l’œuf ascendant et spasmodique du lait qui bout accomplit sa crue en quelques soulèvements obliques, enfle, arrondit quelques voiles à demi chavirées qu’avait plissées la crème, en lance dans la tempête une en nacre et que l’interruption des courants, si l’orage électrique est conjuré à temps, fera toutes tournoyer sur elles-mêmes et jettera à la dérive, changées en pétales de magnolia. Mais si le malade n’avait pas pris assez vite les précautions nécessaires, bientôt ses livres et sa montre engloutis, émergeant à peine d’une mer blanche après ce mascaret lacté, il serait obligé d’appeler au secours sa vieille bonne qui, fût-il lui-même un homme politique illustre ou un grand écrivain, lui dirait qu’il n’a pas plus de raison qu’un enfant de cinq ans. À d’autres moments, dans la chambre magique, devant la porte fermée, une personne qui n’était pas là tout à l’heure a fait son apparition, c’est un visiteur qu’on n’a pas entendu entrer et qui fait seulement des gestes comme dans un de ces petits théâtres de marionnettes, si reposants pour ceux qui ont pris en dégoût le langage parlé. Et pour ce sourd total, comme la perte d’un sens ajoute autant de beauté au monde que ne fait son acquisition, c’est avec délices qu’il se promène maintenant sur une Terre presque édénique où le son n’a pas encore été créé. Les plus hautes cascades déroulent pour ses yeux seuls leur nappe de cristal, plus calmes que la mer immobile, comme des cataractes du Paradis. Comme le bruit était pour lui, avant sa surdité, la forme perceptible que revêtait la cause d’un mouvement, les objets remués sans bruit semblent l’être sans cause ; dépouillés de toute qualité sonore, ils montrent une activité spontanée, ils semblent vivre ; ils remuent, s’immobilisent, prennent feu d’eux-mêmes. D’eux-mêmes ils s’envolent comme les monstres ailés de la préhistoire. Dans la maison solitaire et sans voisins du sourd, le service qui, avant que l’infirmité fût complète, montrait déjà plus de réserve, se faisait silencieusement, est assuré maintenant, avec quelque chose de subreptice, par des muets, ainsi qu’il arrive pour un roi de féerie. Comme sur la scène encore, le monument que le sourd voit de sa fenêtre – caserne, église, mairie – n’est qu’un décor. Si un jour il vient à s’écrouler, il pourra émettre un nuage de poussière et des décombres visibles ; mais moins matériel même qu’un palais de théâtre dont il n’a pourtant pas la minceur, il tombera dans l’univers magique sans que la chute de ses lourdes pierres de taille ternisse de la vulgarité d’aucun bruit la chasteté du silence.
Marcel PROUST, Le côté de Guermantes, Gallimard, coll La Pléiade, 1973, p 76-78

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Charles MELMAN, La Transgression

La transgression – Interview de Charles MELMAN par Thatyana Pitavy

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le passage

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Jacques LACAN Télévision 1 et 2

Jacques LACAN, Télévision 1 et 2, réalisée par Benoît Jacquot, 1974, ORTF-INA

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nature morte

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Dominique CERF

Dominique CERF 

Documents d’artistes

BIO/CV

 

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Greco, Portrait du père Hortensio Felix Paracivo

 

Greco, Portrait du père Hortensio Felix Paracivo, 1609

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Marcel PROUST, Le côté de Guermantes, Par la fenêtre

Par la fenêtre

Et le lendemain matin en m’éveillant, j’allai jeter par la fenêtre de Saint-Loup qui, située fort haut, donnait sur tout le pays, un regard de curiosité pour faire la connaissance de ma voisine, la campagne, que je n’avais pas pu apercevoir la veille, parce que j’étais arrivé trop tard, à l’heure où elle dormait déjà dans la nuit. Mais de si bonne heure qu’elle fût éveillée, je ne la vis pourtant en ouvrant la croisée, comme on la voit d’une fenêtre de château, du côté de l’étang, qu’emmitouflée encore dans sa douce et blanche robe matinale de brouillard qui ne me laissait presque rien distinguer. Mais je savais qu’avant que les soldats qui s’occupaient des chevaux dans la cour eussent fini leur pansage, elle l’aurait dévêtue. En attendant je ne pouvais voir qu’une maigre colline, dressant tout contre le quartier son dos déjà dépouillé d’ombre, grêle et rugueux. À travers les rideaux ajourés de givre, je ne quittais pas des yeux cette étrangère qui me regardait pour la première fois. Mais quand j’eus pris l’habitude de venir au quartier, la conscience que la colline était là, plus réelle par conséquent, même quand je ne la voyais pas, que l’hôtel de Balbec, que notre maison de Paris auxquels je pensais comme à des absents, comme à des morts, c’est-à-dire sans plus guère croire à leur existence, fit que, même sans que je m’en rendisse compte, sa forme réverbérée se profila toujours sur les moindres impressions que j’eus à Doncières et, pour commencer par ce matin-là, sur la bonne impression de chaleur que me donna le chocolat préparé par l’ordonnance de Saint-Loup dans cette chambre confortable qui avait l’air d’un centre optique pour regarder la colline (l’idée de faire autre chose que la regarder et de s’y promener étant rendue impossible par ce même brouillard qu’il y avait). Imbibant la forme de la colline, associé au goût du chocolat et à toute la trame de mes pensées d’alors, ce brouillard, sans que je pensasse le moins du monde à lui, vint mouiller toutes mes pensées de ce temps-là, comme tel or inaltérable et massif était resté allié à mes impressions de Balbec, ou comme la présence voisine des escaliers extérieurs de grès noirâtre donnait quelque grisaille à mes impressions de Combray. Il ne persista d’ailleurs pas tard dans la matinée, le soleil commença par user inutilement contre lui quelques flèches qui le passementèrent de brillants puis en eurent raison. La colline put offrir sa croupe grise aux rayons qui, une heure plus tard, quand je descendis dans la ville, donnaient aux rouges des feuilles d’arbres, aux rouges et aux bleus des affiches électorales posées sur les murs une exaltation qui me soulevait moi-même et me faisait battre, en chantant, les pavés sur lesquels je me retenais pour ne pas bondir de joie.
Marcel PROUST, Le côté de Guermantes, Gallimard, coll La Pléiade, 1973, p 80-82

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Jacques Lacan, mes Ecrits

« (…) je vais vous dire aussi quelque chose qui est caractéristique de mes Écrits, c’est que mes Écrits, je ne les ai pas écrits pour qu’on les comprenne, je les ai écrits pour qu’on les lise, ce n’est pas du tout pareil. »

Jacques Lacan, Le Troisième, VIIème congrès de l’Ecole Freudienne de Paris, Rome 31 octobre-3novembre 1974

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Fellini, l’illusionniste, France culture

    • Tout ce qui est fellinien naît à Rimini. De la magie de la campagne romagnole, à l’exotisme du Grand Hôtel, en passant par le mythique cinéma Fulgor, cette traversée ravive des scènes d’Amarcord, film qui, en 1973, met en récit, à partir d’une mémoire réinventée, une enfance universelle.
    • Rome invente Fellini et Fellini réinvente Rome. D’abord classé parmi les cinéastes catholiques, Federico Fellini fait trembler l’Italie bigote avec « La Dolce Vita ». Un succès mondial qui marque un tournant dans sa vie et son œuvre. Ou quand Federico se fond dans Fellini.
    • Sous l’impulsion de son psychanalyste, Federico Fellini écrit et dessine ses rêves de 1960 à 1990. Il les consigne dans un livre, longtemps retenu dans le coffre d’une banque et publié en 2007. Ceux-ci deviennent la matière même de ses films, un laboratoire imaginaire d’images et de symboles.
    • De l’écriture du scénario à la postproduction, un film est pour Fellini une expérience totale. Il l’orchestre comme un peintre sa toile, se jouant des couleurs, des lumières, des décors et des costumes au gré de sa fantaisie. À Cinecittà, Fellini est chez lui. Le Studio 5 est sa maison.
    • Devenu peu rentable pour les producteurs, le Maestro tourne de moins en moins à la fin du siècle. Contraint de réaliser des publicités, il caresse tout de même l’idée de tourner le film maudit qu’il ne réalisera jamais : « Le Voyage de Mastorna », une traversée en avion, symbolique, vers l’au-delà.
      Federico Fellini est peut-être le seul cinéaste, note Martin Scorsese dans un hommage, qui soit devenu un adjectif, au même titre que « dantesque » ou « kafkaïen ». Il suffit ainsi de dire « fellinien » pour que tout de suite apparaissent à nos yeux des clowns, des femmes protubérantes, des foules de clercs en costumes et des fêtes, le visage de Marcello Mastroianni ou celui de Giulietta Masina. Pour qu’émergent à nos oreilles une mélodie de Nino Rota, le vent, le bruit d’une mer en hiver, des cris perdus, des rires monstrueux. Pour évoquer un sens délicat de la mélancolie, de la mémoire et de l’enfance, de l’étrange, du loufoque. La Strada, La Dolce Vita, 8 et Demi, Fellini Roma, Amarcord, la liste est longue. Fellini est tout cela à la fois : son nom est synonyme de Cinéma. « Je me suis inventé presque tout : une enfance, une personnalité, des nostalgies, des rêves, des souvenirs. Pour le plaisir de pouvoir les raconter. »

« Raconter me semble l’unique jeu auquel il vaille la peine de jouer »

Federico Fellini habite le cinéma. C’est l’incarnation du démiurge, et dans le légendaire Studio 5 de Cinecittà, ses tournages ressemblent autant aux grands ateliers de la Renaissance qu’à un cirque de province. Mais en scrutant le “continent Fellini”, on voit surgir des territoires. Une cartographie qui s’ancre dans la chronologie de la vie du Maestro. Ce sont ces territoires, ces lieux, accompagnés d’extraits de films et d’interviews du réalisateur, qui vont guider la traversée : Rimini, Rome, le territoire des rêves et des esprits, Cinecittà, et le dernier voyage…

  • Une Grande Traversée de Mattéo Caranta réalisée par Somany Na

À écouter : Philosopher avec Fellini

Essais et biographies

– Jean Gili, Fellini : Le Magicien du réel, Gallimard, 2009

– Dominique Delouche, Federico Fellini, six ans avec le Maestro (1954-1960), La Tour Verte, 2019

– Sophie Guermès, Fellini, songe d’une nuit d’automne, 5 sens éditions, 2021

– Jean-Max Méjean, Fellini, un rêve, une vie, Le Cerf, 1997

– Jean-Noël Castorio, Rome réinventée, L’antiquité dans l’imaginaire occidental, de Titien à Fellini, Vendémiaire, 2019

– Anne-Violaine Houcke, L’antiquité n’a jamais existé, Fellini et Pasolini archéologues, Presses Universitaires de Rennes, 2022

– Julien Neutres, Et Fellini fonda Rome, Cherche Midi, 2013

– Olivier Maillart, Les Vitelloni de Federico Fellini, Réseau Canopé, 2023

– Jean-Paul Manganaro, Federico Fellini Romance, P.O.L., 2009

– Marina Geat, Simenon et Fellini, Paradoxes et complicités épistolaires, L’Harmattan, 2019

– Tullio Kezich, Fellini – sa vie et ses films, Biographies NRF Gallimard, 2007

– Rita Ciro, Federico Fellini, Le métier de cinéaste, Seuil, 2018

– Costanzo Costantini, Conversation avec Federico Fellini, Denoël, 1995

– Enrico Giacovelli, Tout sur Fellini, Gremese, 2020

– Vincenzo Mollica, Fellini mon ami, Editions du Rocher, 2002

– Liliana Betti, Fellini, Un portrait, Albin Michel, 1980

Livres de ou co-écrits avec Fellini

– Federico Fellini, Propos, Buchet Chastel, 1980

– Federico Fellini, Cinecittà, Nathan, 1989

– Federico Fellini, Le Livre de mes rêves, Flammarion, 2021

– Federico Fellini, Giovanni Grazzini, Fellini par Fellini, Flammarion, 2007

– Federico Fellini, Brunello Rondi, Dino Buzzati, Le Voyage de G. Mastorna, Seuil, 2014

– Federico Fellini, Milo Manara, Le Voyage de G. Mastorna dit Fernet, Casterman, 1996

– Federico Fellini, Milo Manara, Voyage à Tulum, Casterman, 1993

– Federico Fellini, Italo Calvino, Faire un film, Seuil, 1996

Livres d’exposition

– Sam Stourdzé, Fellini, la grande parade, Anabet, 2009

– Quand Fellini rêvait de Picasso, RMN, 2019

Documentaires

– Gérald Morin, Sur les traces de Fellini, Artemis Films, 2012

– Dominique Delouche, André Delvaux, Fellini (films), Carlotta Films, 2009

– Anselma Dell’Olio, Fellini des esprits, Mad Entertainment SPA, 2019

– Damian Pettigrew, Fellini, je suis un grand menteur, Portrait & Compagnie, 2002

– Ettore Scola, Qu’il est étrange de s’appeler Federico, Carlotta Films, 2013

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Martin MARGIELA, Musée Galliera 25 mars 2018

Martin MARGIELA, Musée Galliera 25 mars 2018
Photographies et montage Bernard Obadia
collection Journal 27
re-presentation

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la classe

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angle

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Le Photo-journalisme

« La tâche des premiers reporters photographes était de faire des photos isolées pour illustrer une histoire. Ce n’est qu’à partir du moment où l’image devient elle-même l’histoire qui raconte un événement dans une succession de photos, accompagnée d’un texte souvent réduit aux légendes seules, que débute le photo journalisme. »

Gisèle FREUND, in PHOTOGRAPHIE ET SOCIETE, Ed. du Seuil, Points histoire, 1974

« Voir la vie ; voir le monde ; témoigner des grands événements ; observer la face du pauvre et les gestes du puissant ; voir les choses étranges : machines, armées, foule, ombres dans la jungle ou sur la lune ; voir le travail de l’homme, ses peintures ; ses tours et ses inventions ; voir des choses situées à des milliers de kilomètres ; les choses cachées derrière les murs des maisons et au cœur des foyers ; les choses dangereuses à approcher ; les femmes que les hommes aiment et les enfants qu’elles ont eus ; regarder et
prendre plaisir à voir ; voir pour être surpris ; voir pour s’instruire. […] »
Extraits de l’éditorial de LIFE, 23 novembre 1936

« Parce qu’en l’homme ce qui m’intéresse c’est l’être humain avant le constructeur, car ce qu’il construit demeurera jusqu’à un certain point, tandis que l’expression de son être peut être saisie en une fraction de seconde ou vous échapper. Capter cette fraction de seconde est à mon avis la fonction la plus significative de la photographie. »
Henri CARTIER BRESSON, 1947

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Gilles DELEUZE, comment du chaos naît la couleur, France culture

La peinture selon Deleuze, ou comment du chaos naît la couleur

Avec
  • David Lapoujade Maître de conférences à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne
  • Elie During Philosophe, maitre de conférences à l’Université de Paris X-Nanterre

Comme tous les vendredis, Géraldine Muhlmann propose avec ses invités de revenir sur un sujet d’actualité. Ce vendredi, c’est la publication des cours de Gilles Deleuze sur la peinture aux Éditions de Minuit qui nous donne l’occasion de revenir sur sa pensée. Qu’est-ce que le concept de « diagramme » ? Pourquoi parle-t-il de « catastrophe » ?

Penser la peinture par la catastrophe

Une des notions clefs que nous retrouvons dans ce cours est celle de “catastrophe”. Par là, Gilles Deleuze ne parle pas des catastrophes pouvant être mises en peinture par l’artiste, mais bien de l’acte de peindre lui-même. David Lapoujade explique : “c’est une catastrophe qui concerne l’activité du peintre elle-même, c’est-à-dire le moment où les coordonnées visuelles du peintre s’effondrent, c’est-à-dire ce moment où il ne voit plus rien, tout en observant, tout en scrutant le motif, il y a une sorte de cécité qui se produit et c’est ça la catastrophe”. Or, cette “catastrophe serait une certaine chance de voir les coordonnées visuelles s’effondrer”.

Le diagramme : un affranchissement de la main

Cette catastrophe permet à la main du peintre de s’affranchir de l’œil, et cet affranchissement se rend compte dans le « diagramme ». Elie During nous éclaire sur cette notion : “c’est un ensemble de procédés, ils peuvent prendre des formes très diverses, mais qui ont tous en commun de capter quelque chose comme un ensemble de forces, des rapports de forces qui mettent le tableau en tension avant même que des figures soient installées, disposées, composées”. Ainsi, “le diagramme est une puissance de déformation avant d’être une puissance formative”.

Pour en parler

David Lapoujade, professeur de philosophie à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a préparé l’édition des cours de Gilles Deleuze, Sur la peinture. Cours mars-juin 1981, Les Éditions de Minuit, 2023. Il a également préparer les éditions de :

  • Gilles Deleuze, L’Île déserte et autres textes. Textes et entretiens 1953-1974, Les Éditions de Minuit, 2002.
  • Gilles Deleuze, Deux régimes de fous. Textes et entretiens 1975-1995, Les Éditions de Minuit, 2003.

Il est à l’origine d’un travail sur Deleuze :

  • Deleuze, les mouvements aberrants , Les Éditions de Minuit, 2014.

Parmi ses autres travaux, on trouve :

  • William James. Empirisme et pragmatisme, PUF, 1997 ; réédition Les Empêcheurs de penser en rond, 2007.
  • Fictions du pragmatisme. William et Henry James, Les Éditions de Minuit, 2008.
  • Puissances du temps. Versions de Bergson , Les Éditions de Minuit, 2010.

Elie During, maître de conférences en philosophie à l’université Paris Nanterre. Il enseigne aussi aux Beaux-Arts de Paris. Il est spécialiste de Bergson et de philosophie française contemporaine. Parmi ses publications, on trouve :

  • Glenn Gould, éditée par la Philharmonie de Paris, 2021 (avec Alain Bublex).
  • Bergson et Einstein : la querelle du temps, PUF, 2016.
  • Avec Alain Bublex, Le futur n’existe pas : rétrotypes, Éditions B42, 2014.
  • Faux raccords. La coexistence des images , Actes Sud, 2010.
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