Sigmar POLKE, Jeux d’enfants

Sigmar POLKE, Jeux d’enfants, 1988, Centre Beaubourg, Paris.

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Henri MATISSE

 

 

Je suis fait de tout ce que j’ai vu.

Henri MATISSE

 

 

 

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la desserte

 

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Jean-Pierre OSTENDE, La vie plus-encore

La vie plus-encore

Il a fallu que l’on pense un jour, oui nous avons une pensée, on ne sait comment c’est venu la pensée chez nous, peut-être à cause de la réduction des maxillaires qui a laissé dans le crâne plus de place au cerveau ?
Réduction des maxillaires = plus de place pour le cerveau = plus de pensée.
Ou est-ce la pensée qui a fait grandir le cerveau et réduire les maxillaires ?
Et donc, peut-être à cause du manque et de la famine, nous avons pensé vite que tout devait grandir et grossir, que tout devait prospérer et s’accroître, enfler et même proliférer jusqu’à se multiplier sans fin et augmenter à l’infini.
Nous nous imaginions probablement en fées infinies ?
Là-dessus, à notre décharge, l’humanité a commencé à pulluler instinctivement.
Comment cela a-t-il commencé ? Nous ne savons pas.
Peut-être après la disparition des mammouths, nos grandes surfaces animales. Dans le froid. Mais doucement, mollement. De façon imperceptible au début. Sans nous en douter. Une pomme de côté, puis deux, une poire, une autre, une noix, une petite réserve, action discrète.
Dans l’eau d’une tourbe, peut-être en Écosse, le fruit pourrit, nous buvons et sans le savoir nous venons d’inventer l’alcool.
Quand avons-nous commencé de stocker ? Et pourquoi ?
L’angoisse ? Le sens de la prévision ? L’orgueil ? L’ennui ?
Lassitude du saut dans le vide ? Rêve de parachute filet parapluie bretelles ?
L’homme crée le garde-manger.
Puis il invente la réfrigération au XIXème siècle (mais il avait déjà trouvé la glace conservée en sous-sol, dans l’obscurité avec de la paille).
Même dans Notre-Ville qui accueille tant de congrès et de débats, tout doit devenir plus colossal et nombreux. Tout le monde veut être un mammouth.
En même temps, comme nous ne sommes jamais en reste pour les privations, punitions, on doit éviter de gaspiller. Nous adorons dépenser et priver.
(…)
Dans une optique d’efficacité, par exemple, les ateliers d’artistes seront regroupés en usine abandonnée à perte de vue.
Dans cet endroit de rassemblement des activités artistiques, on installe des grilles, alarmes et gardiens vivants.
Malgré la persistance aggravée des langues de vipère qui soutiennent que la multiplication des gardiens est signe d’inquiétude profonde, voire crise incarnée et que les cœurs deviennent plus froids que la mort quand on les surveille contrôle trop, nous saurons tenir le coup, a déclaré notre maire.
A l’avenir, il y aura aussi plus de contrôles sur qualité (avec Madame Qualité), sécurité (M. Sécurité, son époux), soin (fameux care si proche du cœur) et un règlement intérieur plus serré et cohérent qu’à l’époque de Filipov, ancien directeur, époque des discours fleuves et divagations de cinq heures sur la démocratie, le XXème siècle, les syndicats, l’avenir de l’homme et l’humanité, à une époque où existaient encore des partis politiques et que Che Guevara faisait la chenille à Shangai en 1960.

Tu te souviens des syndicats et des partis ?

(…)

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Confinés avec… Keith Jarrett

 

Confinés avec… Keith Jarrett

4 ÉPISODES (4 DISPONIBLES)
Comment la musique nous apprend-elle à aimer ? L’improvisation nous fait-elle ressaisir l’essence du temps ? Comment la main gauche du pianiste rejoue-t-elle l’histoire de notre humanité ?
Quatre émissions en compagnie de Nietzsche, Bergson, Rousseau et Keith Jarrett.

 

LE 23/11/2020
Qu’est-ce que Keith Jarrett a fait au jazz ? Quel sens cherche-t-il à travers l’improvisation ? Sa musique serait-elle d’abord… spirituelle ?
LE 24/11/2020
Pour Keith Jarrett, la musique dit des choses que les mots ne peuvent pas exprimer. Alors que se passe-t-il quand le pianiste est devant son instrument,…
LE 25/11/2020
Keith Jarrett improvise à partir de rien, dit-il, mais toute la question est de savoir si ce “rien”, pour le musicien qu’il est, est le manque de quelque…
LE 26/11/2020
Dans l’improvisation, qui comprend la notion de répétition, quelle superposition y-a-t-il entre le passé et le présent ? Quel est l’aspect mémoriel dans…

 

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d’un retour l’autre

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Pablo PICASSO, Les Amoureux

Pablo PICASSO, Les Amoureux, 1919, Musée national Picasso, Paris

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Jean-Pierre OSTENDE Nous impossibles

Nous impossibles

Nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont, nous voyons les choses comme nous sommes.
Et ce que nous sommes est impossible à dire.
Nous ne savons pas que nous regardons les choses comme nous sommes parce que nous ne savons pas qui nous sommes.
Tout le monde regarde la pluie sans se soucier de la tristesse et de la souffrance des gouttes qui s’écrasent.
La Terre est remplie de pluie.
L’homme qui dit la vérité comme il respire est seul sur le trottoir à l’angle des deux boulevards. Les cinémas sont fermés, la ville rêve de leur retour.
(…)
Ce n’est pas facile d’être l’homme qui dit la vérité comme il respire.
Tout le monde finit par vous rejeter. D’ailleurs l’homme qui dit la vérité comme il respire est rejeté.
Il comprend bien le proverbe persan : Donne un cheval à celui qui va dire la vérité, il en aura besoin pour s’enfuir.
Vaut-il mieux être incompétent ou mentir ?
Filer à cheval dans la nuit à travers les forêts ?
Vaut-il mieux accélérer ou s’arrêter sans un bruit ?
(…)
Arrêter les salades, c’est impossible.
Difficile de comprendre pourquoi la salade a été assimilée au mensonge ou bien au récit auquel on ne veut pas croire
On ne sait pas non plus vraiment pourquoi le poulet est associé au policier ni pourquoi le lapin est un rendez-vous manqué quand il est froid et un obsédé sexuel quand il est chaud.
Les animaux libres n’ont pas de restaurant mais ils connaissent la restauration en plein air et le monde est leur restaurant. Comme le pensait Oscar Wilde la grande différence entre les adultes et les enfants, c’est surtout le prix de leurs jouets.

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and you ?

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Guerre des affects

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Henri MATISSE, un arbre que je vois

 

Ne vous y trompez pas : je ne veux pas dire que, voyant l’arbre par ma fenêtre, je travaille pour le copier. L’arbre, c’est aussi tout un ensemble d’effets qu’il fait sur moi. Il n’est pas question de dessiner un arbre que je vois. (Matisse à Aragon)

Henri MATISSE

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l’avancée

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saturation 4

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Marcel PROUST, Du côté de chez Swann, Grand-Hôtel de la Plage, à Balbec

Grand-Hôtel de la Plage, à Balbec

Parmi les chambres dont j’évoquais le plus souvent l’image dans mes nuits d’insomnie, aucune ne ressemblait moins aux chambres de Combray, saupoudrées d’une atmosphère grenue, pollinisée, comestible et dévote, que celle du Grand-Hôtel de la Plage, à Balbec, dont les murs passés au ripolin contenaient, comme les parois polies d’une piscine où l’eau bleuit, un air pur, azuré et salin. Le tapissier bavarois qui avait été chargé de l’aménagement de cet hôtel avait varié la décoration des pièces et sur trois côtés fait courir le long des murs, dans celle que je me trouvai habiter, des bibliothèques basses, à vitrines en glace, dans lesquelles, selon la place qu’elles occupaient, et par un effet qu’il n’avait pas prévu, telle ou telle partie du tableau changeant de la mer se reflétait, déroulant une frise de claires marines, qu’interrompaient seuls les pleins de l’acajou. Si bien que toute la pièce avait l’air d’un de ces dortoirs modèles qu’on présente dans les expositions « modern style » du mobilier, où ils sont ornés d’œuvres d’art qu’on a supposées capables de réjouir les yeux de celui qui couchera là, et auxquelles on a donné des sujets en rapport avec le genre de site où l’habitation doit se trouver.

Marcel PROUST, Du côté de chez Swann,  P 376, édition Gallimard, collection Folio, 1988

 

 

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Transmettre (France culture)

 

Transmettre

Une série d’émissions en partenariat avec le festival CitéPhilo : citephilo.org La démocratie peut-elle s’apprendre à l’école ? Sociologie du premier de la classe  Les médias représentent-ils les citoyens ?  À la chasse aux virus

 

LE 03/11/2020
Ce qui se passe à l’école est-il totalement coupé de la vie ? Comment repenser l’école avec une conception plus en phase avec ce que nous vivons ? Comment…
LE 04/11/2020
Devenir le cancre ou le premier de la classe est-il le fruit d’une transmission ? Si oui, alors comment intervenir dans l’acte de transmission pour enrayer…
LE 05/11/2020
Nous sommes rentré.e.s dans une ère du doute : 3/4 des Français n’ont pas confiance dans les médias. Pourquoi tant de méfiance ? Comment se transmet l’information…
LE 06/11/2020
Comment « chasse-t-on » un virus ? Comment prévoir les pandémies ? Et comment les virus modifient-t-il notre société et nos comportements, ainsi que les…
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feuilleté

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dans la cour 3

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au bord

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Jean-Pierre OSTENDE, On se croirait dans un film mais non

Histoire sauvage.
On se croirait dans un film mais non

La nouvelle expression “distanciation sociale” est souvent analysée comme fortement idéologique et des opposants proposent de la remplacer par “distance physique”.
Que la direction de l’hôpital puisse annoncer chaque jour qu’il y a plus de sorties que d’entrées laisse rêveurs les amoureux de littérature fantastique qui tout de suite s’imaginent des entrées hors contrôle.
« Et que le circus virule moins ! » a été nommé pour un prix des grands lapsus ministériels.
Heureusement qu’il y a la névrose. On s’ennuierait.
Sans névrose, nous serions restés dans les cavernes. Pourquoi sortir si tout va bien ? On n’aurait jamais eu de crainte ; peut-être même pas d’appréhension ni de sport ou d’émissions de jeux.
On aurait eu les yeux vides, personne n’aurait médité pour se calmer, le cinéma n’aurait pas existé.
Cela n’a pas été le cas. La névrose et la peur sont arrivés.
Cela n’a pas cessé. Dans Notre-Ville aussi.
La peur (la chose ne fait que commencer) est amoureuse et envahit les maisons et il y a chaque jour de quoi s’effrayer, déjà avec le classique « on-ne-vous-dit-pas-tout ».
Les experts de Notre-Ville essayent de comprendre cette circulation de l’inquiétude, de l’interroger, de la scruter, de l’analyser.
Il y a de nombreux débats, des enquêtes, des questionnaires qui circulent dans Notre-Ville au sujet de « Peur sur la Terre ». Récemment un groupe de chercheurs a envoyé ce message à un groupe test :
« Angoisser vos proches en diffusant chaque jour des nouvelles atroces par sms, tweets, blogs, graffiti, murmures dans le creux de l’oreille, discours, lettres, fax, est-ce que cela réduit votre angoisse ?
Est-on soulagé de terroriser des êtres humains en diffusant chaque jour des dénonciations, des preuves d’irresponsabilités, des incompétences, des magouilles, des erreur d’appréciations, des raisonnements imbibés de pur ressentiment, des maladresses contaminantes, des fourvoiements, des déclarations stupides, des mesures abracadabrantes, des mensonges poilus, des exagérations XXL… »
(…)
Malgré la guerre annoncée, de nombreux habitants de Notre-Ville ne restent pas inertes sur canapé et profitent du confinement pour suivre la formation des réseaux sociaux qui fait de vous un spécialiste en biologie et virologie en moins de trois semaines.
– Ton diagnostic global sur la mesure de l’effet retard des asymptomatiques dans leur cluster sans randomiser, tu t’en fous?
– Et ton ratio individuel/collectif ne devrait pas t’empêcher de changer ton logiciel comportemental pour éviter certaines manips, non?
(…)
Là-dessus, notre amour des chiffres continue de terrasser notre amour des lettres. Selon certains amis de la fiction, les chiffres avaient déjà de l’avance.
Les scores de la pandémie sont affichés partout.
Alors, il a fait combien aujourd’hui ?
Ce n’est pas le Covid qui va émousser notre goût pour les chiffres, les évaluations, les comptes, les calculs, les statistiques, bien au contraire.
Pas plus notre amour de la comparaison : Pourquoi la Grèce a-t-elle si peu de morts ?
Nous sommes fous de camemberts, pas seulement en France, de statistiques et de chiffrages. On s’oublie dans les résultats. On s’égare dans les analyses. On se perd dans les commentaires divergents.
Notre attention se perd dans l’attention.
L’amour des courbes n’a pas cessé de progresser. Nous croyons trouver de la consistance et c’est une forme de vie dissolue qui guette : papillons désorientés tapant dans tous les coins de la toile.
(…)
Quand au retour de slogans prétendument mobilisateurs (de type : Nous sommes au bord de l’abîme, il est temps de faire un grand bond en avant) nous en avons peut-être assez mais ne l’avouons pas.
Le prix de la phrase la plus entendue a été décerné à : C’est irresponsable.
Comme il avait vu juste Charles Cros : Elles sont vraiment pas belles les personnes qui ont raison.
Pendant ce temps notre maire cherche où Kafka a écrit que le mal est ce qui distrait.
Cette phrase l’obsède.

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David Simon , Les séries télévisées, The Wire

SÉRIES A VOIRS

David Simon

À retrouver dans l’émission
LE 22/01/2018
Ancien journaliste du « Baltimore Sun », David Simon s’est fondé sur sa propre expérience dans les rues de la ville pour écrire ses livres et leurs adaptations…
LE 23/01/2018
Documentaire, roman, épopée critique de l’Amérique contemporaine ? « The Wire » se situe aux limites du genre des séries télévisées, peut-être en raison…
LE 24/01/2018
La complexité et la profondeur du regard porté sur l’Amérique des marges, et la portée critique de la série « The Wire » ont très vite intéressé les sociologues….
LE 25/01/2018
Les séries télévisées se sont imposées comme un genre extrêmement populaire de fiction, si bien qu’elles s’émancipent de leur support premier, la diffusion…
LE 20/08/2018
Ancien journaliste du « Baltimore Sun », David Simon s’est fondé sur sa propre expérience dans les rues de la ville pour écrire ses livres et leurs adaptations…
LE 21/08/2018
Documentaire, roman, épopée critique de l’Amérique contemporaine ? « The Wire » se situe aux limites du genre des séries télévisées, peut-être en raison…
LE 22/08/2018
La complexité et la profondeur du regard porté sur l’Amérique des marges, et la portée critique de la série « The Wire » ont très vite intéressé les sociologues….
LE 23/08/2018
Les séries télévisées se sont imposées comme un genre extrêmement populaire de fiction, si bien qu’elles s’émancipent de leur support premier, la diffusion…
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