Michel Schneider, donner du sens

 

« Autrefois, le peuple attendait de ses gouvernants qu’ils lui donnent du pain ; aujourd’hui, les gouvernements s’imaginent devoir donner du sens. Il ne leur vient pas à l’idée que le sens d’une vie, pour un peuple comme pour un sujet, ne saurait être apporté du dehors et surtout pas par le pouvoir politique. Écoutons Tocqueville : « En vain chargerez-vous ces mêmes citoyens, que vous avez rendu si dépendant du pouvoir central, de choisir de temps à autre les représentants de ce pouvoir ; cet usage si important, mais si court et si rare, de leur libre arbitre n’empêchera pas qu’ils ne perdent peu à peu la faculté de penser, de sentir et d’agir par eux-mêmes, et qu’ils ne tombent ainsi graduellement au-dessous du niveau de l’humanité. »*

Michel Schneider, Big Mother, Psychopathologie de la vie quotidienne, Ed Odile Jacob, 2002, P 77-78

*Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Paris, Bouquins-Laffont, 1986, p 649

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Galleria Academia, Venise

Galleria Academia, Venise,  Journal (12)

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Jardin Albert Khan (2)

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NYC 9-11-2001 (1)

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flou de forme

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La douleur, France culture

La douleur, la souffrance, sont des événements quotidiens, banals tout en étant exceptionnels. Parce que nous sommes vivants, nous sommes amenés à souffrir. La douleur, qui nous métamorphose, est-elle une nécessité de l’existence ? Mais à quoi bon ? Est-il même possible de la penser ?

 

Dans la Rome antique, il existait un usage social et affectif des larmes. Leur exubérance s’est aujourd’hui perdue… Pourquoi les larmes ont-elles de moins en moins coulé ?

 

Sport, masochisme, scarification, body art : toute douleur choisie est-elle imprégnée de sens ? Lorsque la douleur est subie, dans la torture, construire un récit intérieur peut-il amener à dépasser la souffrance pour la transfigurer ? Quel est le soi auquel nous fait parvenir la douleur ?

 

Michel de Montaigne souffrait d’une maladie sévère, son existence était un « vivre coliqueux ». Dans ses Essais, il propose une approche originale : ni nier la douleur, ni s’y noyer, ni l’exagérer… De la même façon qu’on fait son deuil, comment « faire » sa douleur ?

 

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Michel Schneider, « Pas réponse à tout. »

 

« Quand l’Etat aura-t-il le courage, et cette qualité qui est selon Montesquieu le ressort de la République, la vertu – on n’oserait plus dire : la virilité, mais le mot est de même racine – de dire qu’il n’a pas réponse à tout ? Quand les Français redeviendront des sujets sachant qu’ils ont en définitive à répondre de même. Et si le symptôme de la France était à lire à l’envers du titre et du contenu de cette émission :  l’incapacité à   se questionner, et l’incapacité des politiques à laisser sans réponse des demandes ? C’est pourtant à ce double prix que surgissent des désirs. »
Michel Schneider, Big Mother, Psychopathologie de la vie politique, Ed Odile Jacob, 2002, P 49

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le mur

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dérobée

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Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation

 

« L’homme n’est point cet être débonnaire, au cœur assoiffé d’amour, dont on dit qu’il se défend quand on l’attaque, mais un être, au contraire, qui doit porter au compte de ses données instinctives une bonne dose d’agressivité. Pour lui, par conséquent, le prochain n’est pas seulement un auxiliaire et un objet sexuel possibles, mais aussi un objet de tentation. L’homme est, en effet, tenté de satisfaire son besoin d’agression aux dépens de son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagement, de l’utiliser sexuellement sans son contentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer.

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation (1930), traduction française 1970, Paris PUF p 49

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Pablo PICASSO, Paysage de Juan-les-Pins

Pablo PICASSO, Paysage de Juan-les-Pins, été 1920, Musée Picasso, Paris

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flou de forme

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Guido RENI, Le Christ remettant les clés à Saint Pierre

Guido RENI, Le Christ remettant les clés à Saint Pierre, détails, 1626, Le Louvre, Paris

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Marcel Proust, cousu main, France culture

Difficile d’imaginer Proust autrement : du temps perdu dans les salons, le goût retrouvé d’une madeleine, la monumentale Recherche. Il suffit de retourner le manteau des apparences pour qu’un nouveau Proust apparaisse.

A l’origine du futur écrivain, il y a la voix d’une mère, l’appel du paysage, l’amour naissant et la peur de l’abandon. Des sensations qui s’échappent et que le jeune Proust voudrait retenir.

Les salons se font et se défont. Le mot Dreyfus est sur toutes les bouches. Des voix surgissent du téléphone. Dans les voitures, le paysage défile à toute allure. Des bombes tombent sur Paris. Proust tisse l’étoffe du monde.

Du temps perdu au temps retrouvé, Proust est l’inventeur d’une machine à explorer le temps. Ses phrases élastiques s’étirent, se bouclent et nous propulsent dans la quatrième dimension.

Proust meurt en 1922, échappant à l’opprobre. Au cours des deux décennies qui suivent la mort de l’écrivain, l’antisémitisme ne fait que s’intensifier. L’étau se resserre partout en Europe. Alors, Proust devient, pour certains de ses lecteurs, un véritable recours jusque dans l’enfer des camps.

Des lecteurs fervents, des artistes habités et des chercheurs sans entrave osent retourner le manteau des apparences proustiennes pour vous guider à travers les plis d’une œuvre colossale, regards sur le monde, qui défie le temps.

Ambitieusement”, ce livre serait “comme une cathédrale”, écrit Proust dans La Recherche. Effrayante vue de l’esprit qui fait immédiatement se dresser l’image d’une œuvre monumentale, symétrie parfaite, allées de phrases, travées de significations, saintes interprétations. Mais un trébuchement sur un pavé disjoint vient provoquer une irrésistible chute de la phrase. Plus humblement, conclut Proust, ce livre serait “tout simplement comme une robe”. Désirable, sensuelle, concrète, l’œuvre devient tissu moiré, trame de fils savamment entrecroisés, morceaux cousus et recousus à la main pour le corps qui va le porter. Un Proust trivial, sublime.

Une Grande Traversée signée Christine Lecerf, réalisée par Anne Perez Franchini.

Avec l’aide de Anouck Delfino. Prise de son : François Rivalan, Christophe Goudin, Yann Fressy, Stéphane Foulon, Hervé Dubreuil, Andréas Jaffré, Sandrine Malon, Mai Phuong Tran, Loic Durros, Yvan Turk. Mixage de Djaison Taouss, Pierrick Charles, Valentin Azan Zelinski et documentation de Véronique de Saint Pastou, Antoine Vuilloz, Annelise Signoret. Coordination : Christine Bernard.

Remerciements :

Liens :

Christine Lecerf est productrice à France-Culture. Auteure de nombreuses Grandes Traversées, (Arendt, Freud, Chaplin, Céline, Marx), elle a obtenu le Prix SCAM pour Looking for Shakespeare. Elle est également critique littéraire au Monde.

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Michel Schneider, l’Inconscient

« (…)  l’inconscient, cette force qui nous pousse à ne jamais savoir ce qu’on fait quand on agit ni ce qu’on dit quand on parle.»

Michel Schneider, Big Mother, Psychopathologie de la vie quotidienne, Ed Odile Jacob, 2002,  P 35-36

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Guggenheim, Bilbao

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Derrière, l’Enfer…

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Michel Schneider, Shakespeare…

« Comédies où tragédies historiques, Shakespeare a tout dit sur le pouvoir, et l’actualité nous le rappelle chaque fois que nous regardons s’ébattre nos grands hommes si petits. Il y a encore de l’inconscient et c’est une chose que la politique redoute, sachant assez qu’elle en est de part en part animée. Il y a aussi, encore, toujours, du mal dans la délinquance, de la cruauté dans certaines grèves, des politiques publiques méchantes, des revendications sociales tyranniques, des plaintes agressives, de la bêtise dans le débat public, du vice dans certains êtres, de l’inhumain dans l’humaine condition. La politique n’arrivera pas à se débarrasser de ce qu’elle vise à civiliser : la guerre de tous contre tous et le conflit de chacun avec lui-même. »

Michel Schneider, Big Mother, Psychopathologie de la vie quotidienne, Ed Odile Jacob, 2002,  Page 13

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Pablo PICASSO, Verre sur un guéridon

Pablo PICASSO, Verre sur un guéridon, Céret 1913 (papier peint collé, découpé et épinglé sur toile) Musée Picasso, Paris.

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La naissance du racisme, France culture

Aristote et l’esclave « par nature », Hippocrate et sa théorie climatique… Les penseurs grecs ont souvent été convoqués pour justifier l’esclavage et l’infériorité de certains peuples, à l’époque moderne mais aussi plus tôt, au cours de la traite arabo-musulmane…

 

Après avoir converti juifs et musulmans, les rois catholiques de la péninsule ibérique vont imposer aux « conversos » de nouveaux statuts, discriminatoires : La pureté de sang (Limpieza de sangre).

 

En pleine expansion de la traite transatlantique au XVIIIe siècle, la racialisation de l’esclavage se met en place dans les colonies européennes aux Amériques. Une frontière se forme entre le « nègre » et le blanc…

 

Au XIXe et jusqu’au milieu du XXe siècle, les zoos humains vont mettre en scène l’infériorité des peuples colonisés, tant en Europe qu’au Japon ou aux Etats-Unis. Et permettre ainsi une large diffusion de ce que nous nommons, depuis le début du XXe siècle, le racisme.

 

Pour LSD, Stéphane Bonnefoi questionne les origines du racisme et la notion de race, depuis l’antiquité jusqu’au XIXe siècle, au gré de quatre épisodes historiques.

Les origines du racisme sont difficiles à déterminer, et finalement peu questionnées… Sa naissance remonte sans doute à la nuit des temps, mais pour les historiens, le racisme reste avant tout lié à la construction de la race au XVIIIe siècle, dans le sillage de l’esclavage et de la traite transatlantique. Le mot lui-même n’apparaissant qu’au tout début du XXe siècle… Ce qui ne signifie pas que différentes formes de « racismes » n’aient pas existé avant l’époque moderne, notamment dès la fin de la Reconquista espagnole au XVe siècle, où se met en place pour la première fois un système de domination basé sur le sang : la Limpieza de sangre. Et sans doute plus tôt encore, durant la traite arabo-musulmane…

Une série documentaire de Stéphane Bonnefoi, réalisée par Diphy Mariani

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