un hommage (Ground zero NYC)

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Marcel PROUST, Jalousie

Jalousie

Mais aussitôt sa jalousie, comme si elle était l’ombre de son amour, se complétait du double de ce nouveau sourire qu’elle lui avait adressé le soir même – et qui, inverse maintenant, raillait Swann et se chargeait d’amour pour un autre – de cette inclinaison de sa tête mais renversée vers d’autres lèvres, et, données à un autre, toutes les marques de tendresse qu’elle avait eues pour lui. Et tous les souvenirs voluptueux qu’il emportait de chez elle étaient comme autant d’esquisses, de « projets » pareils à ceux que vous soumet un décorateur, et qui permettaient à Swann de se faire une idée des attitudes ardentes ou pâmées qu’elle pouvait avoir avec d’autres. De sorte qu’il en arrivait à regretter chaque plaisir qu’il goûtait près d’elle, chaque caresse inventée et dont il avait eu l’imprudence de lui signaler la douceur, chaque grâce qu’il lui découvrait, car il savait qu’un instant après, elles allaient enrichir d’instruments nouveaux son supplice. 
Du côté de chez Swann, P 271-272, édition Gallimard, collection Folio, 1988

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Hervé GUIBERT sur France culture, La Compagnie des auteurs,

Hervé GUIBERT sur France culture, La Compagnie des auteurs

Hervé Guibert (1955-1991), ses mots, sa photo et ses maux. Cette série revient sur la vie de l’écrivain, journaliste et photographe français, ami du philosophe Michel Foucault, décédé prématurément à l’âge de 36 ans, du SIDA. Évoquer l’auteur, c’est aussi parler de l’écriture de sa maladie.

L’écrivain Frédéric Andrau a effectué des recherches sur Hervé Guibert. L’ouvrage qu’il lui consacre retrace sa vie tumultueuse et la mise en scène de sa propre mort.

L’écriture d’un corps malade

Hervé Guibert a grandi au sein d’une famille qu’il a très tôt voulu fuir. Les arts lui ont servi d’échappatoires, la littérature d’abord, la photographie ensuite. Il a été découvert par l’autrice Régine Desforges et s’est amusé à photographier ses amis, parmi eux le photographe Henri Cartier-Bresson. La photographie était ce jeu que n’était pas l’écriture. Son objectif mettait à nu ses sujets. Guibert reproduit ce même mécanisme dans son travail d’écrivain. Le sujet, c’est lui-même.

Il publie un premier roman prémonitoire (La Mort propagande, 1977), ses règlements de comptes avec ses parents (Mes parents, 1986), ses confessions sur l’Ami de sa vie, lui aussi décédé du SIDA en 1984, Michel Foucault (À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, 1990). Un an après cette parution, il revient aux images et filme ses derniers moments de vie, ce faisant, il les immortalise aussi (La pudeur ou l’impudeur, 1992) :

Lui qui avait toujours été attiré et fasciné par la mort, lui qui avait toujours voulu jouer avec elle, s’en approcher au plus près, à en filmer la réplique, était en train de tout faire pour la repousser au maximum. Il y avait quelque chose de combatif à vaincre chaque jour, chaque heure qui passait. Ecrire, écrire, écrire. Frédéric AndrauHervé Guibert ou les morsures du destin, Paris, Séguier, 2015.

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Partage des plans

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ALIGHIERO & BOETTI, Tutto

re-présentations

Dans le détail des œuvres

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La Mer de l’Histoire

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Existences

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MARCEL PROUST : Portrait Souvenir (Émission de Roger Stéphane – 1962)

MARCEL PROUST : Portrait Souvenir (Émission de Roger Stéphane – 1962)

Marcel Proust, portrait souvenir, un documentaire de Roger Stéphane avec le concours de Roland Darbois, textes dits par Jean Negroni (1962). Entretiens avec François Mauriac, Jean Cocteau, Paul Morand, madame Paul Morand, Daniel Halévy, Jacques de Lacretelle, le duc de Gramont, Emmanuel Berl et Céleste Albaret.

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Marcel PROUST, La lumière mystérieuse

La lumière mystérieuse

Les êtres nous sont d’habitude si indifférents, que quand nous avons mis dans l’un d’eux de telles possibilités de souffrance et de joie, pour nous il nous semble appartenir à un autre univers, il s’entoure de poésie, il fait de notre vie comme une étendue émouvante où il sera plus ou moins rapproché de nous. Swann ne pouvait se demander sans trouble ce qu’Odette deviendrait pour lui dans les années qui allaient venir. Parfois, en voyant, de sa victoria, dans ces belles nuits froides, la lune brillante qui répandait sa clarté entre ses yeux et les rues désertes, il pensait à cette autre figure claire et légèrement rosée comme celle de la lune, qui, un jour, avait surgi dans sa pensée et, depuis projetait sur le monde la lumière mystérieuse dans laquelle il le voyait. 
Du côté de chez Swann,  P 232, édition Gallimard, collection Folio, 1988

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William Shakespeare (France culture)

William Shakespeare

4 ÉPISODES (4 DISPONIBLES)
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PICASSO, Autoportrait, 1972

PICASSO, Autoportrait, 1972

(Picasso 1881-1973)

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Roland BARTHES Le Plaisir du texte

Fuite en avant

« Pour échapper à l’aliénation de la société présente, il n’y a plus que ce moyen : la fuite en avant : tout langage ancien est immédiatement compromis, et tout langage devient ancien dès qu’il est répété… En face, le Nouveau, c’est la jouissance… D’où la configuration actuelle des forces : d’un côté un aplatissement de masse (lié à la répétition du langage) – aplatissement hors-jouissance, mais non forcément hors-plaisir – et de l’autre un emportement (marginal, excentrique) vers le Nouveau, emportement éperdu qui pourra aller jusqu’à la destruction du discours … »

Répétition

« La forme bâtarde de la culture de masse est la répétition honteuse : on répète les contenus, les schèmes idéologiques, le gommage des contradictions, mais on varie les formes superficielles : toujours des livres, des émissions, des films nouveaux, des faits divers, mais toujours le même sens… : la critique porte toujours sur des textes de plaisir, jamais sur des textes de jouissance : Flaubert, Proust, Stendhal sont commentés inépuisablement ; la critique dit alors du texte tuteur la jouissance vaine, la jouissance passée ou future : vous allez lire, j’ai lu : la critique est toujours historique ou prospective : le présent constatif, la présentation de la jouissance lui est interdite ; sa matière de prédilection est donc la culture, qui est tout en nous sauf notre présent…
Ce texte est hors-plaisir, hors-critique, sauf à être atteint par un autre texte de jouissance : vous ne pouvez parler « sur » un tel texte, vous pouvez seulement parler « en » lui… 
 D’où deux régimes de lecture : l’une va droit aux articulations de l’anecdote, elle considère l’étendue du texte, ignore les jeux de langage… l’autre lecture ne passe rien ; elle pèse, colle au texte… ce n’est pas l’extension (logique) qui la captive, l’effeuillement des vérités, mais le feuilleté de la signifiance ; comme au jeu de la main chaude, l‘excitation vient, non d’une hâte processive, mais d’une sorte de charivari vertical (la verticalité du langage et de sa destruction) ; c’est au moment ou chaque main (différente) saute par-dessus l’autre (et non après l’autre), que le trou se produit et emporte le sujet du jeu – le sujet du texte – la pression du langage capitaliste… n’est pas d’ordre paranoïaque, systématique, argumentatif, articulé : c’est un empoissement implacable, une doxa, une manière d’inconscient : bref l’idéologie dans son essence. »

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Jacques VILLEGLE

Rue René Boulanger / Boulevard Saint Martin (juin 1959)

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Mécaniques du complotisme (saison 4) France culture

Mécaniques du complotisme, saison 4 : la Révolution française, à la croisée des complots

Bouleversement sans précédent dans l’histoire de France, la Révolution française a donné lieu à bien des moments de peur, d’inquiétude ou de panique, et créé une atmosphère propice aux rumeurs de complots. C’est la nouvelle saison de notre série en 10 histoires sur les mécanismes de construction et de propagation de complots imaginaires manipulés par les pouvoirs ou agités dans l’ombre. Ou comment une théorie complotiste peut devenir un phénomène culturel.

Présentation de « Mécaniques du complotisme » . 11 septembre, vaccins, premiers pas sur la lune, sionisme, grand remplacement, chemtrails… Les enquêtes d’opinion le montrent : sur un nombre grandissant de sujets, les Français sont friands de complotisme. Hier cantonnées aux marges, les théories les plus improbables ont gagné en audience et en respectabilité. De l’internaute anonyme au chef d’Etat populiste, des librairies spécialisées aux plateformes de streaming, des cafés du commerce aux plateaux télé, on les retrouve désormais dans toutes les strates de la société. Par quelle mécanique une théorie complotiste née dans l’imagination de quelques uns parvient-elle à devenir un phénomène culturel majeur ? Pour comprendre cette progression, appréhender leur attrait et, peut-être, atteindre leurs relayeurs crédules, il faut en revenir à leurs origines et identifier leurs concepteurs.

Un podcast de Roman Bornstein et Victor Macé de Lépinay, réalisation Thomas Dutter

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Antonio CARO, Colombia (2007)

Antonio CARO, Colombia (2007)

 

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life in the bags

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Marcel PROUST, le Posséder

Le posséder

De tous les modes de production de l’amour, de tous les agents de dissémination du mal sacré, il est bien l’un des plus efficaces, ce grand souffle d’agitation qui parfois passe sur nous. Alors l’être avec qui nous nous plaisons à ce moment-là, le sort en est jeté, c’est lui que nous aimerons. Il n’est même pas besoin qu’il nous plût jusque-là plus ou même autant que d’autres. Ce qu’il fallait, c’est que notre goût pour lui devînt exclusif. Et cette condition-là est réalisée quand – à ce moment où il nous a fait défaut – à la recherche des plaisirs que son agrément nous donnait, s’est brusquement substitué en nous un besoin anxieux qui a pour objet cet être même, un besoin absurde que les lois de ce monde rendent impossible à satisfaire et difficile à guérir – le besoin insensé et douloureux de le posséder.
Du côté de chez Swann, P 227, édition Gallimard, collection Folio, 1988

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Devant, derrière, au fond

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El GRECO , la compagnie des œuvres (France culture)

LA COMPAGNIE DES OEUVRES par Matthieu Garrigou-Lagrange

El GRECO , la compagnie des œuvres (France culture)

Domínikos Theotokópoulos, dit « Le Greco », ou « Greco » est né en 1541 à Candie (aujourd’hui Héraklion), en Crète, et mort le 7 avril 1614, en Espagne. Retour sur la vie mystérieuse de ce peintre ayant longtemps vécu à Tolède.

La vie de Domínikos Theotokópoulos dit Le Greco, reste par bien des aspects mystérieuse. Les débats commencent dès le moment où il faut définir son année de naissance en Crète, que l’on situe entre 1537 et 1542 – beaucoup de sources semblant s’accorder sur l’année 1541. Le père de Domínikos Theotokópoulos aurait été collecteur d’impôts au service de Venise (Candie était une possession vénitienne) et on ne sait rien de sa mère, si ce n’est qu’elle était de confession orthodoxe.

On peut supposer que Domínikos Theotokópoulos a eu une solide formation de lettré : il lisait le grec ancien, le latin, l’italien et le castillan. Sa formation artistique commence en Crète, dans l’atelier de ses maîtres Michael Damaskinos et Andreas Ritsos, chez qui il peint des icônes post-byzantines.

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une image, une histoire

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