Roland BARTHES, Charles PANZERA

 

1976 |Seul, dans un studio plongé dans le noir Roland Barthes dressait son autoportrait, nous étions en 1976, l’essayiste avait 61 ans, il se racontait. (Extrait : « Les après-midi de France Culture, l’invité du lundi », une émission diffusé la première fois le 08/03/1976).

 

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BoraBora

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deux

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Jean-Pierre OSTENDE, La bête mentale en nous

La bête mentale en nous

La bête revient toujours langue pendante, tenace, gigantesque, inventive et capable de prendre toutes les apparences.
Accrochée si profondément à ce qu’elle tient, là où elle s’est infiltrée, aucun nettoyeur n’en vient à bout, jamais, s’appropriant sans cesse de nouvelles formes, suradaptée, elle s’arrange de tout et travers les siècles.
C’est pourtant ce qu’il y a de plus ouvert, autorisé, donné, répandu, l’opinion, l’avis, la sensation, le ressenti comme on dit.
Cette bête est dispersée à un point inimaginable, répandue jusque dans votre façon de marcher, de vous asseoir, de parler, vous habiller, dans votre nourriture, votre maison, vos relations, votre regard, votre pensée.
Jusque dans toutes vos émotions.
Même dans l’air, la couleur, l’odeur, la musique, la cuisine, le climat, le paysage, le jeu, le cinéma, les sensations, elle est là, assise. Partout elle niche. Jusque dans les révoltes et les colères. Jusqu’au creux de votre intimité.
(…)
Ça va partout, ça s’infiltre, s’installe, ça se reproduit.
Ça rentre et se nourrit et se développe profond.
Ça s’accroche jusque dans les gênes, on le sait maintenant. Il y a un effet de l’expérience sur l’ADN.
Tout le monde mange et boit et respire cette chose partout. Tout le monde. Tout le monde croit. Tout le monde avale. Personne ne sait comment. Nous sommes un immense brouillard depuis des millions d’années, une eau qui prend toutes les formes, une boue universelle, un nuage d’êtres vivants dans des milliards de galaxies qui comprennent des milliards d’étoiles qui comprennent des milliards de planètes.
Ça ruisselle.
Avant même que nos pensées se « présentent », s’identifient, donnent leur code, toutes les formes, les saveurs, les couleurs, les goûts, les matières sont imprégnées de cette chose. Parce que nos syllabes en sont imprégnées. Nos mots. Nos fêtes. Nos expressions. Nos gestes. Nos sous-vêtements. Nos plaisanteries. Nos tristesses. Nos chaussures. Nos épices. Notre cuisine. Notre façon de rire ou de pleurer. Notre sport. Notre amour. On baigne dedans.
Nous trempons tous dedans.
Et pourquoi une imprégnation si forte ?

(…)

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Bruno LATOUR, Du Covid à l’écologie : « Le confinement est définitif »

Du Covid à l’écologie : « Le confinement est définitif » alerte le penseur Bruno Latour

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regarder

 

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Roland Barthes, Fragments amoureux

Fragments amoureux de Roland Barthes

Épisode 1 :Attente  le  14/12/2020
« Suis-je amoureux ? Oui, puisque j’attends. » L’attente caractérise l’amoureux. Il attend l’autre et angoisse face à son absence. Serait-il possible…

LE 15/12/2020 Je t’aime. Cette phrase est absolument commune et pourtant à chaque fois unique. Cette formule magique imprévisible, sans nuances ni explications reste…
LE 16/12/2020
Être jaloux est une souffrance où se mêlent la peur et la culpabilité. Mais ce qui ronge le plus le jaloux c’est d’être banal. La jalousie est-elle toujours…
LE 17/12/2020  Dans la scène de ménage le langage devient une arme. C’est un affrontement, une parodie de conversation où les deux protagonistes tentent d’avoir le dernier…
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Emmanuel BOVE, JOURNAL ECRIT EN HIVER,

Emmanuel BOVE , JOURNAL ECRIT EN HIVER

7 octobre

Madeleine aime à paraître ignorer l’éloge que l’on a pu faire d’elle. Lui répète-t-on qu’une de ses amies la trouve belle, qu’elle simule la surprise. Madeleine semble ne pouvoir croire que c’est vrai, alors que, la veille, ces paroles lui ont déjà été rapportées. Elle ne craint pas que l’interlocuteur soupçonne qu’elle feint l’ignorance. Comme si elle était absolument sincère, elle va jusqu’à demander des précisions. C’est ce qui est arrivé aujourd’hui. Dans la soirée, nous avons reçu la visite de Jacques Imbault. Au cours de la conversation, il a dit à ma femme qu’il avait vu sa photographie dans un magazine. « je ne ne savais pas, a-t-il ajouté ironiquement, qu’on vous avait engagée comme modèle.» Jacques Imbault se croit excessivement spirituel, et, pour qu’on s’en rende compte, il parle, entre autres, continuellement d’engagements. Ainsi, il y a quelques jours, je l’ai rencontré aux abords d’un vestiaire de théâtre. J’avais égaré mon numéro et comme il me voyait attendre la fin de la distribution pour rentrer dans mon bien, cela distraitement, un peu comme si j’étais chargé de surveiller la bonne marche du service, il me dit en riant: « Ma parole, la direction vous a engagé comme surveillant! »

Bien que Madeleine m’ait montré hier ce magazine, en pestant contre les photographes, en menaçant même de faire un procès au directeur, non sans trahir d’ailleurs un certain contentement, elle a fait l’étonnée. « Mais dites-moi, Jacques, quel est ce journal ? Il faut que je le fasse acheter immédiatement. » Le plus fort est qu’après avoir posé de nombreuses questions à notre ami elle s’est brusquement souvenue de tout. C’est surtout ce recouvrement de mémoire qui m’a paru ridicule. Que l’on joue l’étonnement quand un ami vous dit avoir appris un de vos gestes généreux, c’est encore admissible, mais que, aussitôt après, on se rappelle avoir eu ce geste, c’est intolérable. Le plaisir de planer sur les propos tenus à son sujet étant passé, Madeleine pense qu’après tout il n’est plus nécessaire de continuer. Elle avoue alors, mais sans songer une seconde que son interlocuteur pourra trouver bizarre ce changement. Car s’il est une chose qui semble impossible à ma femme, c’est qu’on puisse deviner ses pensées. Elle peut tout insinuer, jamais il ne lui viendra à l’esprit que l’on découvrira ce qui la conduit. C’est par ce point qu’elle est le contraire de moi. Alors que ma principale préoccupation est de peser mes mots, de peur de laisser paraître un sentiment intéressé, mesquin, ou plein de vanité, Madeleine, elle, se croit tellement cachée qu’elle peut se permettre les plus invraisemblables revirements sans le moindre risque. En se souvenant aujourd’hui, après avoir semblé l’ignorer, que sa photographie avait en effet paru dans un hebdomadaire, il ne lui est pas venu à l’idée que Jacques ait pu croire qu’elle se le rappelait avant. Et ce qui m’est pénible, c’est que, quand j’essaye de la corriger, quand j’essaye de lui montrer en quoi telle manière prête à l’ironie, elle se fâche comme si je ne voyais en elle que des petits côtés. Elle m’accuse d’être jaloux, de croire que le monde est méchant, sans qu’une seconde elle distingue ce qu’il y a de vrai dans mes observations, de profondément amoureux dans le désir que j’ai qu’elle ne soit pas la risée de nos amis. Elle ne comprend pas que je ne cherche qu’à la défendre. Elle croit au contraire que je m’ingénie à découvrir en elle un mal que personne ne remarque.

Emmanuel BOVE , JOURNAL ECRIT EN HIVER,  1931.

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condidtion

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Par les fenêtres

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Alain REY, Le français, une langue à l’épreuve des siècles

Le français, une langue à l’épreuve des siècles par Alain Rey

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Henri MATISSE, les couleurs

 

Les couleurs… ont en elles-mêmes, indépendamment des objets qu’elles servent à exprimer, une action importante sur le sentiment de celui qui les regarde.

Henri MATISSE

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Nicolas POUSSIN, Saint François-Xavier (détails)

Nicolas POUSSIN, Saint François-Xavier rappelant à la vie la fille d’un habitant du Kagoshima, au Japon, 1641, détails, Musée du Louvre, Paris.

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Jean-Pierre OSTENDE , Aussi cruels que raffinés

Aussi cruels que raffinés

Joseph raconte que, d’après Nathan Moller (qu’il accompagne comme assistant dans les restaurants de Notre-Ville), les êtres humains organisent leur propre martyre avec soin et attention à un point qui perplexe tout le monde.
Nathan Moller a raison. Une fois de plus.
Les êtres humains sont aussi cruels et violents que soignés et raffinés.
Joseph se demande si toute la beauté, la culture, l’intelligence, l’art auraient existé sans la violence, les guerres, les tueries.
Probablement non.
Cela n’existe pas sur Terre un endroit sans meurtre ni torture.
Cela n’existe pas sur cette boule où dix milliards de personnes s’agitent et dansent malgré la destruction et les décombres et souvent s’émerveillent dans les ruines.

Peut-être même que la guerre est à l’origine de la Terre.
Pour le martyre, les êtres humains sont si égoïstes au point de commencer souvent par eux-mêmes.
Parfois ils en font des religions. Ça leur permet de rivaliser en martyrs et souffrances.
Personne n’est plus efficace qu’un être humain pour en faire souffrir un autre. Il est tout autant efficace pour se torturer. Personne comme un être humain n’est capable d’autant de raffinement.
L’être humain a inventé les chaînes, les barreaux, les pointeuses, les horloges, les contrôles en tous genres, les tests, la reconnaissance faciale, les caméras de surveillance… Il est comme ça, inventif.
Jamais un animal ne pourrait se placer dans des conditions de vie et de travail aussi difficiles que l’être humain peut le faire.
Comme l’être humain est joueur il se permet de se définir dans le dictionnaire ainsi : Humain = compréhensif.
Même les fourmis n’auraient jamais été aussi raffinées dans la cruauté. Jamais un animal n’aurait inventé non plus des armes comme l’être humain en a inventées…
Au comble de la cruauté, à la façon d’une espèce de pied-de-nez magique, l’être humain peut offrir des choses délicieuses et surprenantes.

(…)

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Qu’est-ce que la peinture abstraite aujourd’hui

Conférence : Qu’est-ce que la peinture abstraite aujourd’hui | Musée d’Art Moderne de Paris
Rencontre discussion du 16 janvier 2020 au Musée d’Art Moderne de Paris, dans le cadre de l’exposition Hans Hartung, La fabrique du geste.

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alone

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Sigmar POLKE, Jeux d’enfants

Sigmar POLKE, Jeux d’enfants, 1988, Centre Beaubourg, Paris.

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Henri MATISSE

 

 

Je suis fait de tout ce que j’ai vu.

Henri MATISSE

 

 

 

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la desserte

 

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Jean-Pierre OSTENDE, La vie plus-encore

La vie plus-encore

Il a fallu que l’on pense un jour, oui nous avons une pensée, on ne sait comment c’est venu la pensée chez nous, peut-être à cause de la réduction des maxillaires qui a laissé dans le crâne plus de place au cerveau ?
Réduction des maxillaires = plus de place pour le cerveau = plus de pensée.
Ou est-ce la pensée qui a fait grandir le cerveau et réduire les maxillaires ?
Et donc, peut-être à cause du manque et de la famine, nous avons pensé vite que tout devait grandir et grossir, que tout devait prospérer et s’accroître, enfler et même proliférer jusqu’à se multiplier sans fin et augmenter à l’infini.
Nous nous imaginions probablement en fées infinies ?
Là-dessus, à notre décharge, l’humanité a commencé à pulluler instinctivement.
Comment cela a-t-il commencé ? Nous ne savons pas.
Peut-être après la disparition des mammouths, nos grandes surfaces animales. Dans le froid. Mais doucement, mollement. De façon imperceptible au début. Sans nous en douter. Une pomme de côté, puis deux, une poire, une autre, une noix, une petite réserve, action discrète.
Dans l’eau d’une tourbe, peut-être en Écosse, le fruit pourrit, nous buvons et sans le savoir nous venons d’inventer l’alcool.
Quand avons-nous commencé de stocker ? Et pourquoi ?
L’angoisse ? Le sens de la prévision ? L’orgueil ? L’ennui ?
Lassitude du saut dans le vide ? Rêve de parachute filet parapluie bretelles ?
L’homme crée le garde-manger.
Puis il invente la réfrigération au XIXème siècle (mais il avait déjà trouvé la glace conservée en sous-sol, dans l’obscurité avec de la paille).
Même dans Notre-Ville qui accueille tant de congrès et de débats, tout doit devenir plus colossal et nombreux. Tout le monde veut être un mammouth.
En même temps, comme nous ne sommes jamais en reste pour les privations, punitions, on doit éviter de gaspiller. Nous adorons dépenser et priver.
(…)
Dans une optique d’efficacité, par exemple, les ateliers d’artistes seront regroupés en usine abandonnée à perte de vue.
Dans cet endroit de rassemblement des activités artistiques, on installe des grilles, alarmes et gardiens vivants.
Malgré la persistance aggravée des langues de vipère qui soutiennent que la multiplication des gardiens est signe d’inquiétude profonde, voire crise incarnée et que les cœurs deviennent plus froids que la mort quand on les surveille contrôle trop, nous saurons tenir le coup, a déclaré notre maire.
A l’avenir, il y aura aussi plus de contrôles sur qualité (avec Madame Qualité), sécurité (M. Sécurité, son époux), soin (fameux care si proche du cœur) et un règlement intérieur plus serré et cohérent qu’à l’époque de Filipov, ancien directeur, époque des discours fleuves et divagations de cinq heures sur la démocratie, le XXème siècle, les syndicats, l’avenir de l’homme et l’humanité, à une époque où existaient encore des partis politiques et que Che Guevara faisait la chenille à Shangai en 1960.

Tu te souviens des syndicats et des partis ?

(…)

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