-
Articles récents
- Roger-Pol DROIT, « Que l’utile soit méprisable et l’inutile salvateur, Nuccio Ordine le fait comprendre avec une ferveur militante, joyeuse et intense » Le Monde
- Jacques Lacan, La mort ; la vie
- Clotilde LEGUIL
- Benoît VITKINE, Le XXIᵉ siècle a-t-il vraiment débuté avec le 11-Septembre ?
- Gerhard RICHTER
nuage
- Architectures
- ARTS
- AssEmblAgEs
- Citation
- corps et portraits
- Détails
- Edgar MORIN
- Expositions Musées
- Freud
- Gilles Deleuze
- Histoire
- Honoré de Balzac
- Jacques Derrida
- Jacques Lacan
- lA cOllEctIOn
- Marcel Proust
- MATISSE
- Mondes urbains
- Murs, Fenêtres et Devantures
- nature morte
- Pablo PICASSO
- Patrick Modiano
- Paysages
- Philosophie
- Polaroïd
- Psychanalyse
- Radio
- Roland Barthes
- sans titre
- Sciences-humaines
- site re-présentation
- Séries
- Technique picturale
- Textes & Images
- Uncategorized
- vidéos
- Works in progress
- Écrivains
Liens
Archives
Catégories
- Architectures
- ARTS
- AssEmblAgEs
- Citation
- corps et portraits
- Détails
- Écrivains
- Edgar MORIN
- Expositions Musées
- Freud
- Gilles Deleuze
- Histoire
- Honoré de Balzac
- Jacques Derrida
- Jacques Lacan
- lA cOllEctIOn
- Marcel Proust
- MATISSE
- Mondes urbains
- Murs, Fenêtres et Devantures
- nature morte
- Pablo PICASSO
- Patrick Modiano
- Paysages
- Philosophie
- Polaroïd
- Psychanalyse
- Radio
- Roland Barthes
- sans titre
- Sciences-humaines
- Séries
- site re-présentation
- Technique picturale
- Textes & Images
- Uncategorized
- vidéos
- Works in progress
Méta
juste devant
Publié dans corps et portraits
Laisser un commentaire
fuir (Patrick Modiano)
« Depuis vingt ans, elle avait été à bonne école avec moi pour apprendre l’art de se cacher, d’éviter les importuns, ou de fausser compagnie aux gens : placards où l’on se dissimule en dernier recours, fenêtres que l’on enjambe, escaliers de service ou sorties de secours que l’on emprunte en catastrophe, escaliers roulants que l’on dévale en sens inverse… Et tous ces voyages lointains que j’avais entrepris non pour satisfaire une curiosité ou une vocation d’explorateur, mais pour fuir. »
Patrick Modiano, Voyage de noces, Gallimard ed, p. 94
Publié dans Patrick Modiano, Polaroïd
Laisser un commentaire
zone noire et silencieuse (Patrick Modiano)
« Maintenant qu’elle a traversé la place de Clichy, elle tourne enfin le dos au dix-huitième arrondissement. Elle laisse derrière elle ce quartier noyé pour toujours dans le couvre-feu. C’est comme si elle avait sauté à temps d’un bateau qui coulait. Elle ne veut pas penser à son père car elle se sent encore trop proche de cette zone noire et silencieuse d’où personne ne pourra plus jamais sortir. Elle, elle s’est sauvée de justesse. »
Patrick Modiano, Voyage de noces, Gallimard ed, p. 127
Publié dans Patrick Modiano, Polaroïd
Laisser un commentaire
faire une fugue (Patrick Modiano)
« Qu’est-ce qui nous décide à faire une fugue ? Je me souviens de la mienne le 18 janvier 1960, à une époque qui n’avait pas la noirceur de décembre 1941. Sur la route où je m’enfuyais, le long des hangars de l’aérodrome de Villacoublay, le seul point commun avec la fugue de Dora, c’était la saison : l’hiver. Hiver paisible, hiver de routine, sans commune mesure avec celui d’il y avait dix-huit ans. Mais il semble que ce qui vous pousse brusquement à la fugue, c’est un jour de froid et de grisaille qui vous rend encore plus vive la solitude et vous fait sentir encore plus fort qu’un étau se resserre. »
Patrick Modiano, Dora Bruder, Gallimard, p.59
Publié dans Patrick Modiano, Polaroïd
Laisser un commentaire
traces (Patrick Modiano)
» Il faut longtemps pour que resurgisse à la lumière ce qui est effacé. Des traces subsistent dans des registres et l’on ignore où ils sont cachés et quels gardiens consentiront à vous les montrer. Ou peut-être ont-ils oublié, tout simplement, que ces registres existaient ? »
Patrick Modiano, Dora Bruder, Gallimard, 1997, p.15
Publié dans Patrick Modiano, Polaroïd
Laisser un commentaire
en résidence surveillée
« Là-bas, on serait à l’abri. Une angoisse fugitive se lisait sous le hâle des visages : dire qu’il faudrait sans trêve partir à la recherche d’un endroit que la guerre avait épargné et que ces oasis deviendraient de plus en plus rares… Sur la Côte, le rationnement commençait. Ne penser à rien pour ne pas perdre le moral. Ces journées oisives vous donnaient parfois la sensation d’être en résidence surveillée. On devait faire le vide dans sa tête. Se laisser doucement engourdir par le soleil et le balancement des palmiers sous la brise… Fermer les yeux. »
Patrick Modiano, Voyage de noces, Gallimard, ed p.57
Publié dans Polaroïd
Laisser un commentaire
ce blanc, ce bloc d’inconnu et de silence (Patrick Modiano)
« Ce sont des personnes qui laissent peu de traces derrière elles. Presque des anonymes. Elles ne se détachent pas de certaines rues de Paris, de certains paysages de banlieue, où j’ai découvert, par hasard, qu’elles avaient habité. Ce que l’on sait d’elles se résume souvent à une simple adresse. Et cette précision topographique contraste avec ce que l’on ignorera pour toujours de leur vie – ce blanc, ce bloc d’inconnu et de silence. »
Patrick Modiano, Dora Bruder, Gallimard, 1997, p. 29
Publié dans Patrick Modiano, Polaroïd
Laisser un commentaire
le cours d’une vie (Patrick Modiano)
« Il arrive aussi qu’un soir, à cause du regard attentif de quelqu’un, on éprouve le besoin de lui transmettre, non pas son expérience, mais tout simplement quelques-uns de ces détails disparates, reliés par un fil invisible qui menace de se rompre et que l’on appelle le cours d’une vie. »
Patrick Modiano, Voyage de noces, Gallimard ed, p. 117-118
Publié dans Patrick Modiano, Polaroïd
Laisser un commentaire
Ondes de douceur (Patrick Modiano)
« Elle m’a pris le bras à cause de la rue en pente. Le contact de son bras et de son épaule me donnait une impression que je n’avais jamais ressentie encore, celle de me trouver sous la protection de quelqu’un. Elle serait la première personne qui pourrait m’aider. Une sensation de légèreté m’envahissait. Toutes ces ondes de douceur qu’elle me communiquait par le simple contact de son bras et par ce regard bleu pâle qu’elle levait de temps en temps vers moi, j’ignorais que de telles choses pouvaient se produire, dans la vie. »
Patrick Modiano, Voyage de noces, Gallimard ed, p.38
Publié dans Patrick Modiano, Polaroïd
Laisser un commentaire
oubli (Patrick Modiano)
« Je me suis dit que plus personne ne se souvenait de rien. Derrière le mur s’étendait un no man’s land, une zone de vide et d’oubli. Les vieux bâtiments des Tourelles n’avaient pas été détruits comme le pensionnat de la rue de Picpus, mais cela revenait au même.
Et pourtant, sous cette couche épaisse d’amnésie, on sentait bien quelque chose, de temps en temps, un écho lointain, étouffé, mais on aurait été incapable de dire quoi, précisément. C’était comme de se trouver au bord d’un champ magnétique, sans pendule pour en capter les ondes. Dans le doute et la mauvaise conscience, on avait affiché l’écriteau « Zone militaire. Défense de filmer ou de photographier ».
Patrick Modiano, Dora Bruder, 1997, Gallimard, p. 133
Publié dans Patrick Modiano, Polaroïd
Laisser un commentaire
sorties de secours (Patrick Modiano)
— Vous avez de la chance d’être encore à l’âge où l’on peut partir…»
Ça m’avait échappé, comme ça. Moi aussi, j’aurais aimé partir au lieu de tourner en rond dans la périphérie de cette ville, comme quelqu’un qui ne parvient plus à trouver de sorties de secours. Je fais si souvent le même rêve : Je suis au départ du ponton, les skis nautiques au pied, je serre la courroie et j’attends que le hors-bord démarre pour m’entraîner à toute vitesse sur l’eau. Mais il ne démarre pas.
Patrick Modiano, Voyage de noces,Gallimard ed, p. 151
Publié dans Patrick Modiano, Polaroïd
Laisser un commentaire









