Par Marie Richeux
Dans son dernier essai, la psychanalyste Clotilde Leguil convoque Lacan, Sophocle ou Sade pour explorer les métamorphoses du consentement amoureux. L’autrice y propose un nouvel art de la désobéissance amoureuse pour libérer nos relations de l’emprise.
Avec
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Clotilde Leguil
philosophe et psychanalyste de l’Ecole de la Cause freudienneComment faire résonner un mot dont la conversation publique, juridique, intime s’est emparé : le consentement ? La philosophe et psychanalyste Clotilde Leguil, en s’appuyant sur la littérature, le cinéma et sa lecture de Jacques Lacan, tente de penser une révolte et une désobéissance du côté du oui. En revenant à la rencontre amoureuse comme un évènement majeur et contingent, en s’appuyant sur des extraits de textes, comment lutter contre l’impuissance à rejoindre son désir ? Comment s’en rendre responsable ? Comment y consentir ? Tout cela sans se dissoudre dans le désir ou la méprise liée à l’autre.
Penser avec la littérature
Clotilde Leguil, autrice de La Déprise , utilise les textes littéraires comme des outils pour penser : « J’entretiens avec la littérature un rapport qui a toujours été comme une voie d’évasion par rapport à la voie conceptuelle. » Elle affirme que « quand on fait des études de philosophie, on se plonge dans le monde du concept dans lequel il peut y avoir un manque d’incarnation. » La littérature lui permet de « trouver un souffle poétique » qui l’aide à « saisir quelque chose du réel.«
Consentir à la surprise de l’amour
Pour Clotilde Leguil « nous consentons à ce qui est toujours inattendu. » Pour elle, « il y a dans ce consentement à l’événement amoureux une forme de déprise, au sens d’un dessaisissement de soi en faveur de l’autre, ainsi que d’un consentement à introduire du nouveau dans un programme qui semblait déjà écrit. » Dans ce sens, « l’événement amoureux permet de penser une forme de coupure avec ce qui pouvait faire destin. »
De l’emprise, des empires
Clotilde Leguil précise qu’il est important de penser la question de l’emprise avec celle des empires puisque « nous sommes, selon certains chercheurs en sciences politiques, dans un moment de nouveaux empires, voire des nouveaux prédateurs, plutôt que dans un moment de la démocratie, de la diplomatie, du débat, et donc la question de la déprise.«
Archives
- Jacques Lacan, émission Matinées de France Culture, Georges Charbonnier, 28/11/1966
- Sophie, Le Château ambulant, Hayao Miyazaki, 2004