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Quitter le  Temps 2 (miroir) – Décoller le Temps (séries)

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restes

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Quitter le  Temps 2 (miroir) – Décoller le Temps (séries)

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Marguerite DURAS, EMILY L

 « Polaroïd », voir et représenter

« Ça avait commencé par la peur.
Nous étions allés à Quillebeuf, comme souvent cet été-là. On était arrivés à l’heure habituelle, à la fin de l’après-midi. Comme chaque fois on avait traîné le long du bastingage blanc qui borde les quais depuis l’église, l’entrée du port, jusqu’à sa sortie, le chemin abandonné qui devrait aller à la forêt de Brotonne.On regarde l’autre rive, le port pétrolier, et au loin, les hautes falaises du Havre, le ciel. Puis on regarde le bac rouge qui traverse, les gens qui passent, les eaux du fleuve. Et toujours ce bastingage qui en garde l’approche, fragile et blanc. On va s’asseoir ensuite à la terrasse de l’hôtel de la Marine, le centre de la place, face à la rampe du bac. Les tables sont à l’ombre des bâtiments de l’hôtel. L’air est immobile, il n’y a pas de vent. Je vous regarde. Vous regardez l’endroit. La chaleur. Les eaux plates du fleuve. L’été. Et puis vous regardez au-delà. Les mains jointes sous le menton, très blanches, très belles, vous regardez sans voir. Sans bouger du tout, vous me demandez ce qu’il y a. Je dis comme d’habitude. Qu’il n’y a rien. Que je vous regarde. Vous ne bougez pas tout d’abord et puis, de là où je suis, je vois un sourire dans vos yeux. Vous dites: – C’est un endroit qui vous plaÎt, ici, un jour ce sera dans un livre, la place, la chaleur, le fleuve. Je ne réponds pas à ce que vous dites. Je ne sais pas. Je vous dis que je ne le sais pas à l’avance, que c’est au contraire rare quand je le sais. La place est vide. Le bac transporte beaucoup de touristes. C’est la fin de la vallée de la Seine ici, le dernier bac après celui de Jumièges. Aussitôt le bac reparti, la place redevient vide. C’est entre deux arrivées du bac, dans ce vide de la place, que la peur est arrivée. Je regarde autour de nous et voici qu’il y a des gens, là-bas, au  fond de cette place, à la sortie du chemin abandonné, là où il ne devrait y avoir personne. Ils sont arrêtés et ils regardent vers nous. Ils sont une quinzaine, tous pareillement habillés de blanc. Il s’agit d’une même personne indéfiniment multipliée. Je cesse de regarder. »

Marguerite DURAS, EMILY L, (Editions de Minuit, 1987)

Quitter le Temps 2 (miroir)  – Décoller du Temps (séries)

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l’écran

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Quitter le  Temps 2 (miroir) – Décoller le Temps (séries)

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ils sont là

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Quitter le  Temps 2 (miroir) – Décoller le Temps (séries)

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La micheline

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Robin Shepherd

Robin Shepherd, sculpteur, dans son atelier à Marseille.

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Quitter le  Temps 2 (miroir) – Décoller le Temps (séries)

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DG

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Quitter le  Temps 2 (miroir) – Décoller le Temps (séries)

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Jean-Pierre RIVES, Les rebonds de la mémoire

Jean-Pierre RIVES, Les rebonds de la mémoire, Jardin, Toulouse.

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Quitter le  Temps 2 (miroir) – Décoller le Temps (séries)

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l’enfant sous la guerre

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MATISSE, L’Atelier rouge

 Collection « Polaroïd », voir et représenter

Matisse,  L’Atelier rouge (1911)

« Dans mon atelier le sol est rouge sang de boeuf comme dans les carrelages provençaux; le mur est rouge; c’est comme si le sang s’était infiltré pour tout teindre; les meubles sont rouges entourés d’un fil d’or mat. Ce rouge est comme une nuit chaude à l’intérieur de laquelle, venant de la fenêtre à gauche, une intense lumière fait naître ou plutôt ressusciter les autres objets. Il y a sur la commode plusieurs pots dont l’un est rempli de pinceaux devant une frise que l’on dirait en marbre noir et or comme le manteau d’une cheminée, qui passe derrière l’horloge dont on voit l’écran mais pas les aiguilles. Il y a la toile rayée du transatlantique à demi replié près d’une de mes assiettes blanches et bleues sur la table à droite. Il y a une jarre qui vient aussi des bords de la Méditerranée. On dit que c’est mon atelier de Clamart, mais j’ai tout fait pour y reconstituer la lumière d’ailleurs. Il y a deux de mes sculptures sur des selles de modelage et la table à gauche plus près, une troisième autour de laquelle une liane de capucine venue d’une fiasque vert sombre à long col tourne  amoureusement. Que tu es belle, Marguerite, ma fille! tes dents sont un troupeau de brebis tondues qui remontent du bain. Il y a sur la même table un grand verre transparent, un des plats que j’ai décorés d’une femme comme si c’était elle qui offrait toute la nourriture, qui la produisait, à demi dressée sur un socle noir, près d’une boîte de crayons dont deux sont déjà sortis. Il y a les tableaux encadrés ou non qui sèchent en attendant l’approbation finale: trois femmes au bord de la mer, je l’ai appelé le Luxe , un satyre épiant une nymphe dans la forêt, un pot de cyclamen sur une table ronde, un marin accoudé, deux grands nus, un brin de paysage, une petite aquarelle sans doute dans son passepartout. Il y a les œuvres passées, toile retournée, montrant leurs châssis, et les cadres prévus pour des tableaux futurs. C’est là que je m’efforce de vivre et d’inventer, au milieu du tintamarre et de la menace, un monde de volupté calme. Je me suis toujours méfié des maîtres, mais je les ai passionnément interrogés, et l’on trouvera leurs leçons dans toutes mes audaces. »

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le mausolée

le mausolée

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Jean Dubuffet

Jean Dubuffet, Le Bel costumé, (1975), résine époxy, polyuréthane, Jardin des Tuilleries, Paris.

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la cabane et le caillou

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partiellement

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les chaises

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tension ou l’entre deux

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QUITTER le TEMPS 2 (l’autre Blog)

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San FRANCIS

Sam FRANCIS, sans titre, 1988-1989, Les Abattoirs, Toulouse.

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suspendu

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