
Johannes VERMERR, La Femme en bleu lisant une lettre (1662-1664)

Johannes VERMERR, La Femme en bleu lisant une lettre (1662-1664)

René MAGRITTE, L’Empire des lumières, 1954,

Mark ROTHKO, N°10 (1957)
Hannah Arendt a gardé toute sa vie intacte la passion de comprendre. Une cigarette à la main ou un aphorisme de Kafka en tête, Hannah Arendt était toujours en dialogue, avec elle-même et avec les autres, les vivants comme les morts, qu’ils soient philosophes comme Socrate ou Heidegger, poètes comme Rilke ou Auden ou amis fidèles comme Rahel Varnhagen ou Karl Jaspers. Ne se considérant ni allemande ni américaine, pensant et écrivant dans les deux langues, l’auteur des Origines du totalitarisme et d’Eichmann à Jérusalem n’est pas seulement à l’origine d’une nouvelle pensée politique mais également d’un nouveau langage philosophique. Entre philosophie et poésie, Hannah Arendt a construit ce qu’elle appelait “une maison sur l’Atlantique” .
Cette Grande Traversée sur Hannah Arendt, produite par Christine Lecerf, se fait en compagnie d’amis d’Hannah Arendt (Jerome Kohn, Leon Botstein), de philosophes (Richard Bernstein, Etienne Tassin, Martine Leibovici), de politologues (Roger Berkowitz, Antonia Grunenberg), de germanistes (Thomas Wild, Barbara Hahn), d’essayistes (Marie Luise Knott, Karin Biro),d’un historien (Enzo Traverso) et d’artistes (Margarethe Von Trotta, Barbara Sukowa, Volker März, Beatrice Fontanel, Lindsay Grime, Tania Brugera).
Merci à Volker März, artiste, Jerry Kohn et Jessica Reifer du Hannah Arendt Blücher Literary Trust, Roger Berkowitz du Hannah Arendt Center, Peter Stein des Archives Fred Stein, Edna Brocke, nièce d’Hannah Arendt et Jeff Katz de la Hannah Arendt Blücher Library.

Constantin BRANCUSI, La Muse endormie, 1910, Centre Pompidou

Artemisia GENTILESCHI, Autoportrait en Allégorie de la Peinture, 1638-1639
« Ce qu’on appelle la postérité, c’est la postérité de l’œuvre. Il faut que l’œuvre (en ne tenant pas compte, pour simplifier, des génies qui à la même époque peuvent parallèlement préparer pour l’avenir un public meilleur dont d’autres génies que lui bénéficieront) crée elle-même sa postérité. Si donc l’œuvre était tenue en réserve, n’était connue que de la postérité, celle-ci, pour cette œuvre, ne serait pas la postérité mais une assemblée de contemporains ayant simplement vécu cinquante ans plus tard. Aussi faut-il que l’artiste – et c’est ce qu’avait fait Vinteuil – s’il veut que son œuvre puisse suivre sa route, la lance, là où il y a assez de profondeur, en plein et lointain avenir. Et pourtant ce temps à venir, vraie perspective des chefs-d’œuvre, si n’en pas tenir compte est l’erreur des mauvais juges, en tenir compte est parfois le dangereux scrupule des bons. Sans doute, il est aisé de s’imaginer, dans une illusion analogue à celle qui uniformise toutes choses à l’horizon, que toutes les révolutions qui ont eu lieu jusqu’ici dans la peinture ou la musique respectaient tout de même certaines règles et que ce qui est immédiatement devant nous, impressionnisme, recherche de la dissonance, emploi exclusif de la gamme chinoise, cubisme, futurisme, diffère outrageusement de ce qui a précédé. »
Marcel PROUST, A l’ombre des jeunes filles en fleurs, p 102-103, Gallimard, coll Folio, 1988

Olivier DEBRE, Bleu léger aux taches lourdes, 1965,
Des lecteurs fervents, des artistes habités et des chercheurs sans entrave osent retourner le manteau des apparences proustiennes pour vous guider à travers les plis d’une œuvre colossale, regards sur le monde, qui défie le temps.
“ Ambitieusement ”, ce livre serait “ comme une cathédrale ”, écrit Proust dans La Recherche . Effrayante vue de l’esprit qui fait immédiatement se dresser l’image d’une œuvre monumentale, symétrie parfaite, allées de phrases, travées de significations, saintes interprétations. Mais un trébuchement sur un pavé disjoint vient provoquer une irrésistible chute de la phrase. Plus humblement, conclut Proust, ce livre serait “ tout simplement comme une robe ”. Désirable, sensuelle, concrète, l’œuvre devient tissu moiré, trame de fils savamment entrecroisés, morceaux cousus et recousus à la main pour le corps qui va le porter. Un Proust trivial, sublime.
Dans cette Grande Traversée signée Christine Lecerf et réalisée par Anne Franchini, avec l’aide d’Anouck Delfino, ouvrez la Recherche du temps perdu et entrez dans le vestiaire de Marcel Proust.
Remerciements :
Poussin – Vermeer – Botticelli- Giotto – Masaccio – Lippi – Fra Angelico
Louvre Paris
Re-presentation
Collection Journal 38

Louis CANE, sans titre, 2007, résine

Mark Rothko, untitled Abstraction number 11, 1947

Les Ménines, José Manuel BALLESTER, 318 × 276 cm
L’ennui peut-il être étudié philosophiquement ?
Pour Martine Lavaud et Alain Vaillant, l’ennui est à analyser avec son lien avec le romantisme. L’ennui est alors une confrontation entre idéal et réalité.
Corinne Maury et Patrick Marcolini nous montrent que l’ennui peut faire l’objet d’entreprises artistiques à l’aide de Chantal Akerman et les situationnistes.
L’ennui est avant un rapport au temps et dépend des conditions politiques, comme nous le précisent René de Ceccaty et Véronique Nahum-Grappe.
L’ennui, n’est-ce pas d’abord un rapport particulier à soi-même ? Hadi Rizk et Pierre Guenancia montrent que l’ennui peut nous dévoiler notre rapport au monde et à nous-mêmes.

Marie et Henri Donnadieu, avec leurs trois enfants, Paul, Marguerite (DURAS) et Pierre, à Hanoï, vers 1918. collection Jean Mascolo.

Alexander Calder, croisière, 1931