Dans nos sociétés pressées, tout semble devoir être fait dans l’instant. L’urgence s’impose comme la nouvelle norme, dictant nos choix, nos rythmes et nos priorités. Mais que perdons-nous quand nous cédons à cette tyrannie du « tout, tout de suite » ?
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L’injonction de l’urgence : frein ou moteur de l’action ?
Ecologique, sanitaire, politique : en fait-on trop avec le vocabulaire de l’urgence? Et si pour demeurer un stimulant majeur susceptible de nous mobiliser, l’urgence véritable exigeait de la prudence dans son invocation ?
Travail pressé, travail gâché ?
Quelles sont les conséquences du travail pressé pour les travailleurs et pour la production elle-même ? Quelles philosophies ont-elles pris à bras le corps le problème du « labeur » et de ses rythmes ?
L’urgence est-elle une drogue ?
Politique, médiatique ou sanitaire : l’urgence n’est pas seulement un événement limité dans le temps. Elle est aussi un état émotionnel et cognitif, où le corps et le cerveau basculent dans une autre manière de penser, plus rapide, plus instinctive, mais au risque parfois de la sortie de route.
Prendre son temps, est-ce le perdre ?
Et si la sieste était autre chose qu’une pause au service de la performance ? Et si la flânerie, attitude travaillée par de nombreux écrivains, était une vraie résistance contre les tyrannies modernes de l’urgence ?
Par Géraldine Muhlmann