« C’est de son atopia, de ce nulle part de son être, que Socrate a certainement provoqué, les faits nous l’attestent, toute une lignée de recherches. Le sort en est lié, de façon ambiguë, à toute une histoire que l’on peut fragmenter — l’histoire de la conscience comme l’on dit en termes modernes, l’histoire de la religion, celle de la morale, celle de la politique, à la limite certes, et moindrement celle de l’art. Toute cette lignée ambiguë, diffusée et vivante, pour la désigner je n’aurais qu’à vous indiquer la question renouvelée par le plus récent imbécile, Pourquoi des philosophes ? — si nous ne la sentions, cette lignée, solidaire d’une flamme qui se trouve transmise, tout en étant en fait, étrangère à tout ce qu’elle éclaire, fusse le bien, le beau, le vrai, le même, dont elle se targue de s’occuper. »
Jacques LACAN le séminaire livre VIII, Le Transfert, Seuil éd, 2001, page 103