Roland Barthes, entretiens

Épisode 1 : « L’instrument même de la révolte : le langage »

Dans cet entretien, Roland Barthes fait le point. Le sémiologue français éclaire les mutations intellectuelles de l’époque : en 1967, les écrits renoncent à l’absurde, à la révolte et, peut-être, à la métaphysique. Les préoccupations d’ordre techniques et théoriques deviennent dominantes.

Épisode 2 : L’écriture formelle, l’écriture du plaisir et l’écriture du désir

En 1967 sur France Culture, Roland Barthes et Georges Charbonnier débattent d’une révolution du savoir où le concept de formalisation, ou langage formel, redéfinit la science et l’écriture, abordant également les notions de « l’écriture du plaisir » et de « l’écriture du désir ».

Épisode 3 : « Le langage sert à construire le rapport avec l’autre, à nous construire dans le monde »

Roland Barthes et George Charbonnier explorent ici les relations, par le langage, entre science et littérature. Une conversation, plus qu’un entretien, qui raconte le milieu des années 1960, comme un acte de naissance d’un débat qui construit l’étape d’après le structuralisme.

 

Épisode 4 : « Faire de la critique, c’est trouver le régime de lecture des œuvres nouvelles »

Que faut-il entendre par « texte » ? Roland Barthes déplie ici ce terme, pilier de sa pensée et de ses thèses. Il ouvre ensuite les sujets de la lecture, de la critique et de son rôle, des rapports entre le langage et la sexualité et de la défense de la langue française par les Français.

Épisode 5 : La mort de l’auteur et le sujet de la lecture

Le sémiologue et écrivain Roland Barthes dévoile, dans ce cinquième des six entretiens accordés à Georges Charbonnier en 1967 sur France Culture, quelques aspects fondamentaux des rapports entre auteur, lecture et lecteur.

Épisode 6 : « Le rôle de l’écrivain est d’arracher les masques qui cachent la vérité, de gratter les fausses écritures »

Pour ce dernier des six entretiens diffusés en 1967 sur France Culture, Roland Barthes se livre à une analyse de l’herméneutique, la science des déchiffrements et des interprétations des textes.

Les entretiens avec Roland Barthes de 1967, menés par Georges Charbonnier, sont de véritables laboratoires : s’y élabore peu à peu sa pensée de l’après-structuralisme.

L’année de publication de « La Mort de l’auteur » et 10 ans après la fin du cycle des « Mythologies », Barthes s’affirme comme une figure de la critique. Il installe petit à petit les notions de « texte », de « révolte » et de « désir ». Utilisant l’espace médiatique pour affirmer ses concepts, il étoffe également ici celui du langage, du texte et de la mort de l’auteur.

Dans ces six entretiens, Barthes et Charbonnier déplient également des questions sur le rôle de l’auteur, la vérité en littérature et l’écriture formelle, fondamentales dans la recherche critique des années 1960 et 1970.

Qu’est-ce qu’un texte ?

Défini par Barthes comme « le degré zéro du livre« , le mot « texte » trouve dans ces entretiens une acception qui se stabilise. Ce terme, neutre (et on perçoit déjà des piliers de la réflexion barthésienne), permet de dépasser la division des genres littéraires.

À partir de Mallarmé, dit Barthes, l’écrivain cherche à échapper au conformisme et à la tradition. Reconnaissant que certains textes contemporains peuvent paraître ennuyeux (Georges Charbonnier cite alors Michel Butor), Barthes précise tout de même que la modernité exige de la part du lecteur un véritable exercice : trouver la bonne vitesse de lecture, le bon « régime« .

Évoquant également « la saveur du langage« , il aborde le rapport entre le langage et la sexualité, convoquant ainsi la psychanalyse.

L’écriture comme outil de dialogue avec les sciences humaines

Le langage sert « à construire le rapport à l’autre et à nous-même dans le monde », dit Barthes. Nous sommes au milieu des années 1960 et, citant Paul Valéry, il enfonce un des clous de la théorie littéraire de ces décennies : l’écriture est avant tout « une figure du désir de l’autre », tout en affirmant à plusieurs reprises et de manière forte qu’on ne peut réduire le langage à une simple fonction de communication.

Une voie se dessine : la littérature commence à s’installer dans les sciences humaines, et l’interdisciplinarité s’affirme.

L’avénement du sujet dans la lecture

Dans le premier de cette série de six entretiens, réalisée avec la collaboration précieuse des équipes de la Documentation de Radio France et de l’INA, Roland Barthes est passé à la question par Georges Charbonnier sur le sujet de la révolte. Ce dernier se lance dans une tribune qui semble prémonitoire : « Il me semble, constate-t-il, qu’il n’y aurait révolte à notre époque que s’il y avait révolte politique violente. Et je n’en vois pas trace. Pourquoi a-t-elle disparu, cette révolte ?« 

Alors que l’ère de la récupération de la révolte par la culture de masse débute, Barthes investit la notion d’avant-garde, pour de suite l’annuler : elle « n’est plus valable, ne joue plus, ne fonctionne plus » dit-il, positionnant toutefois la révolte dans les arts et la culture, souhaitant l’émergence d’un « art du cri, un art du refus » par la réaffirmation du langage comme « l’instrument même de la révolte« .

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