Robert MALAVAL, détails

Robert MALAVAL, détails dans La Collection du site RE PRESENTATIONS

Palais de Tokyo, Paris, 21-12-2005

« J’ai envie de faire des toiles aussi rapides, aussi instantanées que la musique. »
« Vouloir tout saisir, c’est un vertige terrible… »
Robert MALAVAL

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2 réponses à Robert MALAVAL, détails

  1. kritik dit :

    « J’ai envie de faire des toiles aussi rapides, aussi instantanées que la musique. »

    « Vouloir tout saisir, c’est un vertige terrible… »
    Robert MALAVAL

  2. merbel dit :

    Palais de Tokyo, janvier 2006. Je regarde les toiles de Malaval. A côté de moi, deux femmes. L’une, 80 ans à peu près, 1m 55, yeux gris-marron, manteau gris, chapeau bleu marine, l’autre 40 ans sans doute, et un air de ressemblance avec la première. La plus jeune avec enthousiasme s’exclame: « Oh! Dora… voilà les tableaux à paillettes dont tu nous a tant parlé! »
    -Quelle joie de les revoir! Avec ton grand-père, nous étions allés le voir à La Maison des Arts de Créteil. Je me rappelle; c’était un soir, on sortait d’un concert où Isaac Stern s’était produit. Dans une espèce de fosse en béton, il y avait deux hommes, un peu éméchés. Hallucinés même. Le plus volubile s’adressa à nous: il creva un sac de paillettes suspendues au-dessus d’une toile, elles se répandirent dessus, et avec un balai de peinture bleue il commença à peindre la toile. En dix minutes à peine… Dans la troupe de spectateurs, certains se mirent à le huer: peindre si vite, n’importe quoi, c’était pas de l’art! Pensez donc! Les insultes commencèrent à pleuvoir. Il brandit son balai vers nous et le secoua: le bleu nous éclaboussa. Moi, d’emblée ce type, je l’ai aimé!C’était Malaval. Quelques mois après il se tua. »

    Dans la voix de cette vieille femme un accent. Allemand , autrichien? Et une gravité que je sens, à fleur de peau.

    La vieille dame s’arrête devant ce tableau que je regarde depuis longtemps. Dora, puisque c’est ainsi qu’elle se nomme, le scrute tout autant que moi. Et s’adresse à sa petite-fille, tout comme à moi, me semble-t-il.
    « Cette veste éclaboussée du bleu de Malaval, je l’ai toujours! C’est très étrange…Adolescente, parce que mes parents ne se sont jamais déclarés juifs, je n’ai jamais eu à porter l’étoile jaune. Je déteste le jaune du reste. Mais ce tableau-là, ces larmes de cendres, ce bleu et ce jaune, c’est toute mon histoire. Ce tableau c’est Ernest et Cécilia mes parents, exilés autrichiens, c’est mon enfance Boulevard Ornano, c’est ma fugue l’hiver 41 , c’est … »

    Soudain, je me dis que j’ai à côté de moi Dora B. celle que ses parents ont recherchée, celle qu’un écrivain a recherchée aussi, dans un livre paru il y a une petite dizaine d’années. Je me souviens d’une réflexion de M., dans son récit, sur le « don » des romanciers à reconstituer au plus juste des événements passés ou à en deviner de futurs…

    J’ai envie de hurler Dora B est bien vivante. Malaval le savait depuis longtemps!

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