Ni visible ni invisible, la notion de hors-champ

La Suite dans les idées   Par Sylvain Bourmeau

Si le hors-champ a commencé à exister avec le premier plan de cinéma, il a fallu attendre de longues années avant qu’il ne soit théorisé, puis s’étende au-delà du 7e art. La chercheuse Marie Kondrat retrace cette réflexion critique, elle est rejointe en deuxième partie par l’écrivaine Ariane Jousse.

Le cinéma n’a pas attendu l’invention du hors-champ pour le pratiquer. Ou, plus exactement, si le hors-champ a commencé d’exister dès le premier plan, il a fallu attendre de longues années avant qu’il soit théorisé. Puis qu’il s’étende bien au-delà du cinéma lui-même, dans une époque de profusion des images, observe Marie Kondrat. Elle est cette semaine l’invitée de La Suite dans les Idées, rejointe par l’écrivaine Ariane Jousse.

Le hors-champ, cet autre plan de la représentation filmique

L’universitaire Marie Kondrat fait paraître l’essai Le hors-champ : extensions d’un lieu aux éditions du Seuil   Ouverture dans un nouvel onglet. Elle rappelle que cette notion de hors-champ a été théorisée à la fin des années 1960 alors qu’auparavant, il était nommé : « dehors de l’écran » ou « cadrage indirect ». Elle souligne l’apport du théoricien André Bazin : « il a préparé un terrain conceptuel pour rendre le hors-champ pensable (…) Bazin insiste sur ce réalisme-là et ce cadre qui opère une sélection. Il élabore une pensée du cinéma comme représentation centrifuge où la composition est nécessairement tournée vers l’extérieur de ce qui est montré. »

Le roman d’Ariane Jousse : l’imagination au pouvoir

Le roman Terreur d’Ariane Jousse a paru aux éditions de L’OgreOuverture dans un nouvel onglet. La narratrice est cette femme traversant une crise personnelle ; fascinée par les images de l’actrice M. V., elle s’engage dans une quête émancipatrice. La romancière explore ce rapport à l’image : « c’est un roman qui se construit justement en dialogue avec l’idée de montage. (…) Le lecteur dans le hors-champ peut recréer son sens à lui. » La romancière poursuit :« ce mouvement que la narratrice va donner aux images qu’elle reconfigure elle-même, et qui va lui permettre de traverser une crise intime, et de s’incarner petit à petit, puis de revenir à la vie et de remettre du mouvement dans son état intérieur quelque peu sidéré. »

Multitudes : reparcourir 25 années de publication

La revue Multitudes fête son 100e numéro et ses 25 ans d’existenceOuverture dans un nouvel onglet, Yves Citton, co-directeur de la revue, en retrace l’histoire et dessine les perspectives pour l’avenir. Des transmigrations au care, en passant par l’écoféminisme, autant de thèmes que la revue a contribué à introduire dans la société. Yves Citton développe : « il y a cette ambition de multiperspectivisme, à la fois ce foisonnement à parler tous ensemble, à s’écouter les uns les autres, et aussi à ne pas être d’accord ! »

La revue Multitudes fêtera son 100e numéro et ses 25 ans d’existence,
voici les dates des prochaines réunions publiques :

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