Georges  ORWELL , le concept de vérité

 

« Le sentiment que le concept même de vérité objective est en passe de disparaître du monde (…) m’effraie bien plus que les bombes »

Georges  Orwell (1903-1950)

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la guerre des sens

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Manette et Lolo

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CARAVAGE, Le Reniement de Saint Pierre, Met, New York City (détail)

CARAVAGE, Le Reniement de Saint Pierre, détail, vers 1610, Metropolitan  Museum of art,  (MET) New York City.

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Vie de Roland BARTHES, La compagnie des auteurs par Matthieu Garrigou-Lagrange

Vie de Roland Barthes   
LA COMPAGNIE DES AUTEURS par Matthieu Garrigou-Lagrange

« Tiphaine Samoyault est écrivaine, traductrice est critique littéraire. Elle est membre de la direction éditoriale de la revue en ligne En attendant Nadeau, et professeure de littérature comparée à l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle. Elle a consacré une biographie à Roland Barthes, publiée au Seuil en 2015, trente-cinq ans après sa mort.

Comment raconter la vie d’un homme qui s’est consacré à l’écriture ? D’autant que Barthes a disséminé des « biographèmes » dans ses propres textes, comme Roland Barthes par Roland BarthesLa chambre claire ou le Journal de deuil.

Roland Barthes grandit au bord de la mer, sans son père mort à la guerre un an après sa naissance en 1915. Tiphaine Samoyault parle ainsi d’une enfance proustienne : par la fréquentation des côtes maritimes du nord et de l’ouest de la France, mais aussi parce que Barthes naît au moment où Proust se lance dans la grande entreprise de la Recherche. L’adolescent solitaire, taciturne et malade de la tuberculose, est scolarisé à Paris dans les années 1930 mais ne peut aller jusqu’au baccalauréat. Toute sa vie est marquée par une lutte silencieuse contre la maladie.

Nous parlons dans cette émission de sa venue à la littérature, à travers la lecture de Gide et plusieurs longs séjours dans des établissements de santé, puis plus tard par sa découverte et sa pratique du théâtre, qu’il poursuivra par le magistral Sur Racine qui fera polémique puisque l’universitaire Raymond Picard fustigera cette « nouvelle critique » en la qualifiant de « nouvelle imposture ». C’est en 1953 que paraît son premier livre, Le degré zéro de l’écriture. Après la guerre, il entreprend plusieurs voyages : universitaire en poste de bibliothécaire à Bucarest, il se rend aussi en Egypte, et fait plusieurs rencontres intellectuelles capitales : avec Jean Cayrol, éditeur au Seuil, et plus tard avec Julia Kristeva, Philippe Sollers, Foucault…

Quelques mois après sa leçon inaugurale au Collège de France en janvier 1977, la mère de Roland Barthes meurt et le plonge dans un désarroi auquel il est particulièrement attentif, et qu’il décrit dans des notes :

Précisément, ce n’est pas le « deuil », c’est le chagrin pur – sans substituts, sans symbolisation. […] Me suis toujours (douloureusement) étonné de pouvoir – finalement – vivre avec mon chagrin, ce qui veut dire qu’il est à la lettre supportable. Mais – sans doute – c’est parce que je peux, tant bien que mal (c’est-à-dire avec le sentiment de ne pas y arriver) le parler, le phraser. Ma culture, mon goût de l’écriture me donne ce pouvoir apotropaïque, ou d’intégration : j’intègre par le langage ». – Roland Barthes, Journal de deuil (paru au Seuil à titre posthume en 2009).

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A la proue

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Platon, « Celui qui constitua le monde…

« Celui qui constitua le monde (…) lui donna comme figure celle qui lui convenait et qui lui était apparentée. Au vivant qui doit envelopper en lui-même tous les vivants, la figure qui pouvait convenir, c’était celle où s’inscrivent toutes les autres figures. Aussi est-ce la figure d’une sphère, dont le centre est équidistant de tous les points de la périphérie, une figure circulaire, qu’il lui donna comme s’il travaillait sur un tour -figure qui entre toutes est la plus parfaite et la plus semblable à elle-même – convaincu qu’il y a mille fois plus de beauté dans le semblable que dans le dissemblable. »

Platon, Timée, 33 b

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Emil Cioran (3/4) : Rire du pire

Emil Cioran (3/4) : Rire du pire
Les Nouveaux Chemins de la connaissance Date de diffusion : 21.12.2016 Invité : Aurélien Demars : enseigne la philosophie à l’Université Jean Moulin Lyon 3 et à l’Université

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Partage des plans

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CARAVAGE, Le Reniement de Saint Pierre, Met, New York City

CARAVAGE, Le Reniement de Saint Pierre, vers 1610, Metropolitan  Museum of art,  (MET) New York City,

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Marcel PROUST, Le côté de Méséglise et le côté de Guermantes

Aussi le côté de Méséglise et le côté de Guermantes restent-ils pour moi liés à bien des petits événements de celle de toutes les diverses vies que nous menons parallèlement, qui est la plus pleine de péripéties, la plus riche en épisodes, je veux dire la vie intellectuelle. Sans doute elle progresse en nous insensiblement et les vérités qui en ont changé pour nous le sens et l’aspect, qui nous ont ouvert de nouveaux chemins, nous en préparions depuis longtemps la découverte ; mais c’était sans le savoir ; et elles ne datent pour nous que du jour, de la minute où elles nous sont devenues visibles. Les fleurs qui jouaient alors sur l’herbe, l’eau qui passait au soleil, tout le paysage qui environna leur apparition continue à accompagner leur souvenir de son visage inconscient ou distrait ; et certes quand ils étaient longuement contemplés par cet humble passant, par cet enfant qui rêvait – comme l’est un roi, par un mémorialiste perdu dans la foule – ce coin de nature, ce bout de jardin n’eussent pu penser que ce serait grâce à lui qu’ils seraient appelés à survivre en leurs particularités les plus éphémères ; et pourtant ce parfum d’aubépine qui butine le long de la haie où les églantiers le remplaceront bientôt, un bruit de pas sans écho sur le gravier d’une allée, une bulle formée contre une plante aquatique par l’eau de la rivière et qui crève aussitôt, mon exaltation les a portés et a réussi à leur faire traverser tant d’années successives, tandis qu’alentour les chemins se sont effacés et que sont morts ceux qui les foulèrent et le souvenir de ceux qui les foulèrent. Parfois ce morceau de paysage amené ainsi jusqu’à aujourd’hui se détache si isolé de tout, qu’il flotte incertain dans ma pensée comme une Délos fleurie, sans que je puisse dire de quel pays, de quel temps – peut-être tout simplement de quel rêve – il vient. Mais c’est surtout comme à des gisements profonds de mon sol mental, comme aux terrains résistants sur lesquels je m’appuie encore, que je dois penser au côté de Méséglise et au côté de Guermantes. C’est parce que je croyais aux choses, aux êtres, tandis que je les parcourais, que les choses, les êtres qu’ils m’ont fait connaître sont les seuls que je prenne encore au sérieux et qui me donnent encore de la joie. Soit que la foi qui crée soit tarie en moi, soit que la réalité ne se forme que dans la mémoire, les fleurs qu’on me montre aujourd’hui pour la première fois ne me semblent pas de vraies fleurs. Le côté de Méséglise avec ses lilas, ses aubépines, ses bluets, ses coquelicots, ses pommiers, le côté de Guermantes avec sa rivière à têtards, ses nymphéas et ses boutons d’or, ont constitué à tout jamais pour moi la figure des pays où j’aimerais vivre, où j’exige avant tout qu’on puisse aller à la pêche, se promener en canot, voir des ruines de fortifications gothiques et trouver au milieu des blés, ainsi qu’était Saint-André-des-Champs, une église monumentale, rustique et dorée comme une meule ; et les bluets, les aubépines, les pommiers qu’il m’arrive quand je voyage de rencontrer encore dans les champs, parce qu’ils sont situés à la même profondeur, au niveau de mon passé, sont immédiatement en communication avec mon cœur. Et pourtant, parce qu’il y a quelque chose d’individuel dans les lieux, quand me saisit le désir de revoir le côté de Guermantes, on ne le satisferait pas en me menant au bord d’une rivière où il y aurait d’aussi beaux, de plus beaux nymphéas que dans la Vivonne, pas plus que le soir en rentrant – à l’heure où s’éveillait en moi cette angoisse qui plus tard émigre dans l’amour, et peut devenir à jamais inséparable de lui – je n’aurais souhaité que vînt me dire bonsoir une mère plus belle et plus intelligente que la mienne. Non ; de même que ce qu’il me fallait pour que je pusse m’endormir heureux, avec cette paix sans trouble qu’aucune maîtresse n’a pu me donner depuis, puisqu’on doute d’elles encore au moment où on croit en elles et qu’on ne possède jamais leur cœur comme je recevais dans un baiser celui de ma mère, tout entier, sans la réserve d’une arrère-pensée, sans le reliquat d’une intention qui ne fût pas pour moi – c’est que ce fût elle, c’est qu’elle inclinât vers moi ce visage où il y avait au-dessous de l’œil quelque chose qui était, paraît-il, un défaut, et que j’aimais à l’égal du reste ; de même ce que je veux revoir, c’est le côté de Guermantes que j’ai connu, avec la ferme qui est peu éloignée des deux suivantes serrées l’une contre l’autre, à l’entrée de l’allée des chênes ; ce sont ces prairies où, quand le soleil les rend réfléchissantes comme une mare, se dessinent les feuilles des pommiers, c’est ce paysage dont parfois, la nuit dans mes rêves, l’individualité m’étreint avec une puissance presque fantastique et que je ne peux plus retrouver au réveil. Sans doute pour avoir à jamais indissolublement uni en moi des impressions différentes, rien que parce qu’ils me les avaient fait éprouver en même temps, le côté de Méséglise ou le côté de Guermantes m’ont exposé, pour l’avenir, à bien des déceptions et même à bien des fautes. Car souvent j’ai voulu revoir une personne sans discerner que c’était simplement parce qu’elle me rappelait une haie d’aubépines, et j’ai été induit à croire, à faire croire à un regain d’affection, par un simple désir de voyage. Mais par là même aussi, et en restant présents en celles de mes impressions d’aujourd’hui auxquelles ils peuvent se relier, ils leur donnent des assises, de la profondeur, une dimension de plus qu’aux autres. Ils leur ajoutent aussi un charme, une signification qui n’est que pour moi. Quand par les soirs d’été le ciel harmonieux gronde comme une bête fauve et que chacun boude l’orage, c’est au côté de Méséglise que je dois de rester seul en extase à respirer, à travers le bruit de la pluie qui tombe, l’odeur d’invisibles et persistants lilas.

Marcel Proust, Du côté de chez Swann, P 181-183, édition Gallimard, collection Folio, 1988

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TCHEKHOV, le rêve ou la vie ? Les chemins de la philosophie par Adèle Van Reeth

Tchekhov, le rêve ou la vie ? 

LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE par Adèle Van Reeth   (France culture)

Anton Tchekhov, 1860-1904, dont on sait peu de choses sur la biographie, est un auteur théâtral de génie dont la plume sublime exprime et dévoile une douloureuse lucidité.

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Martin KIPPENBERGER

Martin KIPPENBERGER, Untilited from the series The Raft of th Medusa, 1996
MoMA, New York

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l’autel

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réunion à Brooklyn (NYC)

 

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Juste un …

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Beckett, comment c’est ? La compagnie des œuvres, par Matthieu Garrigou-Lagrange  

Beckett, comment c’est ?
La compagnie des œuvres, par Matthieu Garrigou-Lagrange  

4 émissions sur France culture.

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photographies et histoires…

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Harold MENDEZ

Harold MENDEZ, Sin nombre, 2017-2018, MoMA, New York

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Le modèle noir : une affaire de représentation (France culture)

Le modèle noir : une affaire de représentation

« Journée spéciale et dossier. L’artiste a toujours glorifié, utilisé, starifié ou plongé dans l’anonymat son modèle. Rapporté à la question du modèle à la peau noire, et particulièrement pour certaines périodes de l’histoire, ce rapport entre l’artiste et son modèle provoque un vertige. Le modèle noir : de Géricault à Matisse, exposition historique au Musée d’Orsay, retrace à travers une centaine d’œuvres l’évolution de la représentation des sujets noirs, de l’abolition de l’esclavage en France (1794) à nos jours. Des muses entrées dans l’histoire de l’art aux anonymes désormais nommés, entre histoire de l’art et histoire des idées, France Culture se penche tout au long de la journée du 22 mars sur les problématiques esthétiques, politiques, sociales et raciales ainsi que sur l’imaginaire que révèle la représentation des figures noires dans les arts visuels (cinéma, bande-dessinée, littérature, musique…). »

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