réverbères

 » Place de la Concorde. Les réverbères me faisaient mal aux yeux. Je demeurais immobile, le souffle coupé. Au-dessus de moi, les chevaux de Marly se cabraient et de toutes leurs forces tentaient d’échapper à l’emprise des hommes. Ils auraient voulu s’élancer à travers la place. Une belle étendue, le seul endroit dans Paris où l’on éprouve l’ivresse des grandes altitudes. Paysage de pierres et d’étincelles. Là-bas, du côté des Tuileries, l’Océan. J’étais sur la plage arrière d’un paquebot qui voguait vers le nord-ouest, emportant avec lui la Madeleine, l’Opéra, le palais Berlitz, l’Eglise de la Trinité. Il sombrerait d’un instant à l’autre. Nous reposerions demain à cent mille mètres de fond. Je ne craignais plus mes compagnons de bord. »

La ronde de nuit  Patrick Modiano

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1 réponse à réverbères

  1. MTO dit :

    Paris, ville enchanteresse.

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